A ABEL
Abel, doux confident de mes jeunes mystères,
Vois, mai nous a rendu nos courses solitaires.
Viens à l’ombre écouter mes nouvelles amours;
Viens. Tout aime au printemps, et moi j’aime toujours.
Tant que du sombre hiver dura le froid empire, 5
Tu sais si l’aquilon s’unit avec ma lyre.
Ma Muse aux durs glaçons ne livre point ses pas;
Délicate, elle tremble à l’aspect des frimas,