‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 221 sur 496 · LIVRE I. - MÉDITATIONS. — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I. - MÉDITATIONS. — VOYAGES

Puis l’infirme vieillesse, arrivant tristement,

Presse d’un malheureux la tète chancelante,

Courbe sur un bâton sa démarche tremblante, tn

Lui couvre d’un nuage et les yeux et l’esprit.

Et de soucis cuisants l’enveloppe et l’aigrit :

C’est son bien dissipé, c’est son fils, c’est sa femme,

Ou les douleurs du corps, si pesantes à l’âme.

Ou mille autres ennuis. Car, hélas ! nul mortel «

Ne vit exempt de maux sous la voûte du ciel.

Oh! quel présent funeste eut l’époux de l’Aurore,

«jjOjsôv iu&t xsl âripov. i r’ âyvairrov rifltt âxSpa, fiXxnrn S' àffiaXpovç xsl vdov àt/çjtjfuSév.

Cf. Rufin, Ânlh., V, 12, et le beau chœur de l’Œdipe à Colone de Sophocle, 1293. Pindare, Pyth., VIII, 135, a dit dans des vers profonds :

Tl Si rts; ri S’ eu tij;

ffxcâ; Ôvs p, âvOpwrtoi

Cette vieillesse, y-ilpas où1d/*evov, fille de la nuit (Hésiode, Théog., 225), c’est la triste vieillesse de Virgile, Géorg., III, 66 :

Optima quæque dies miscris mortalibus ævi Prima fugit ; subeunt morbi, tristisque senectus,

Et labor et dune rapit inclementia mortis.

Vers que commente Sénèque, Ép. à Luc., CVIII, contredisant un peu ce qu'il a dit dans le traité de Brevit. vital. Mais l’homme est inconstant parce qu’il est enthousiaste ; André lui-méme reviendra dans une. heure de calme et de sagesse sur cette élégie, et chantera les charmes de la vieillesse.

Page 1