‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 256 sur 496 · V. 37. Éd. 1820 et · texte numérisé non relu

V. 37. Éd. 1820 et

A l'amitié sincère, à de tendres faiblesses.

On pleure : mais bientôt la tristesse s’envole ;

Et les arts, dans un cœur de leur amour rempli.

Versent de tous les maux l'indifférent oubli.

Les délices des arts ont nourri mou enfance. i:,

Tantôt, quand d’un ruisseau, suivi dès sa naissance.

La nymphe aux pieds d’argent a sous de longs berceaux Fait serpenter ensemble et mes pas et ses eaux,

Ma main donne au papier, sans travail, sans étude,

Des vers fds de l’amour et de la solitude; to

Tantôt de mon pinceau les timides essais

Avec d’autres couleurs cherchent d’autres succès :

Ma toile avec Sappho s’attendrit et soupire ;

Elle lit et s’égaye aux danses du satyre ;

Ou 1 aveugle Ossian y vient pleurer ses yeux, 53

Et pense voir et voit ses antiques aïeux

Qui dans l’air, appelés à ses hymnes sauvages,

Arrêtent près de lui leurs palais de nuages.

Beaux-arts, ô de la vie aimables enchanteurs,

Des plus sombres ennuis riants consolateurs, 60

Amis sûrs dans la peine et constantes maîtresses,

Dont l’or n’achète point l’amour ni les caresses,

Beaux-arts, dieux bienfaisants, vous que vos favoris

Je pleure : mais liicntét la tristesse s’envole.

André, sans y songer sans doute, a été amené à mettre « on pleure, » parce que c’est l'humanité tout entière qui est ainsi ; c’est une négligence toute poétique.

V. 47. « Aux pieds d’argent. » Iliade, I, 538 et passim : « 'Ky/opi- TTïÇa ©iris. » Plus d'un passage dans la Fontaine respire le même amour de l'art pur et de la nature. Voy. Fabl., XI, iv.

V. 52. Il fait dans ce vers une allusion évidente à ses essais de peinture.

V. 69. Horace, Od., I, xxxu, ad bjram : « O laborum dulce leui— men ! »

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