‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 258 sur 496 · LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES · texte numérisé non relu

LIVRE I. — MÉDITATIONS. — VOYAGES

Voilà le cercle entier qui, le soir quelquefois,

A des vers non sans peine obtenus de ma voix.

Prête une oreille amie et cependant sévère.

Puissé-je ainsi toujours dans cette troupe chère Me revoir, chaque fois que mes avides yeux Auront porté longtemps mes pas de lieux en lieux,

Amant des nouveautés compagnes de voyage ;

Courant partout, partout cherchant à mon passage Quelque ange aux yeux divins qui veuille me charmer,

Qui m’écoute ou qui m'aime, ou qui se laisse aimer !

L’art, des transports de l’àme est un faible interprète;

L’art ne fait que des vers, le cœur seul est poète.

V. 80. Horace, Sat., I, iv, 73, nous parle aussi de ce cercle d’amis sirs :

Non recito cuiquam, nisi amicis, idquc roactus.

Et Sat., I, x, 80, il nous donne leurs noms. Thomson, Sens.: Winter, célèbre aussi cç cénacle de juges, amis et cependant sévères. — Ce sont les mœurs littéraires du dix-septième siècle, ltoilenu, Art poil., I, a dit :

Faites-vous des amis prompts à vous censurer.

Qu'ils soient de vos écrits les confidents sincères,

Et de tous vos défauts les zélés adversaires.

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