‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 262 sur 496 · V. Tibullc, I, v · texte numérisé non relu

V. Tibullc, I, v

Asperum et lieue dissidiuui inc ferre loquebar;

At mihi nunc longe gloria forti» abest.

ÉLÉGIES

Moi, tendre, même faible, et dans l’àge d’aimer,

Faut-il n’oser plus voir tout ce qui peut charmer!

Quand chacun à l’envi jouit, aime, soupire, 5

Faut-il donc de Vénus abjurer seul l’empire!

Ne plus dire : Je t’aime ! et dormir tout le jour,

Sans avoir pour adieux quelques baisers d’amour !

Et lorsque les désirs, les songes, ou l’aurore,

Troubleront mon sommeil, me réveiller encore, w

Sans que ma main déserte et seule à s’avancer Trouve dans tout mon lit une main à presser !

S’ils n’ont point le bonheur, en est-il sur la terre ?

Quel mortel, inhabile à la félicité,

Regrettera jamais sa triste liberté, ir.

Si jamais des amants il a connu les chaînes?

Leurs plaisirs sont bien doux, et douces sont leurs peines; S’ils n’ont point ces trésors que l’on nomme des biens,

Ils ont les soins touchants, les secrets entretiens.

Des regards, des soupirs la voix tendre et divine, 2n

Et des mots caressants la mollesse enfantine.

Auprès d’eux tout est beau, tout pour eux s’attendrit.

Le ciel rit à la terre, et la terre fleurit.

Aréthuse serpente et plus pure et plus belle ;

Une douleur plus tendre anime Philomèle. 2:;

Flore embaume les airs; ils n’ont que de beaux cieux.

Aux plus arides bords Tempé rit à leurs yeux.

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