‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 302 sur 496 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Quel orage suivra ce banquet tant vanté, r;

S’il faut qu’à son oreille un mot en soit porté !

Oh ! vous ne savez pas jusqu’où va son empire.

Si j'ai loué des yeux, une bouche, un sourire;

Ou si, près d’une belle assis en un repas,

Nos lèvres en riant ont murmuré tout bas, 20

Elle a tout vu. Bientôt cris, reproches, injure :

Un mot, un geste, un rien, tout était un parjure.

« Chacun pour cette belle avait vu mes égards ;

Je lui parlais des yeux, je cherchais ses regards. »

Et puis des pleurs ! des pleurs, que Memnon sur sa cendre î:>

A sa mère immortelle en a moins fait répandre.

Que dis-je? sa vengeance ose en venir aux coups;

Elle me frappe. Lt moi, je feins, dans mon courroux,

De la frapper aussi, mais d’une main légère,

Et je baise sa main impuissante et colère ; ôO

Car ses bras ne sont forts qu’aux amoureux exploits.

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