‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 338 sur 496 · V. 71. Ronsard, Am. div., XVI, a exprimé la même pensée · texte numérisé non relu

V. 71. Ronsard, Am. div., XVI, a exprimé la même pensée

Chacun me dit : Ronsard, ta maîtresse n'est telle Comme tu la descri^.

LIVKE II. — CAMILLE.

N’était rien à leurs yeux que fard et que grimace.

Je devais avoir honte : ils ne concevaient pas Quel charme si puissant m’attirait dans vos bras.

Dans vos bras! qu’ai-je dit? Oh non! Vénus avare Ne m’a point fait un don qui fut toujours si rare. so

Si je l’ai cru longtemps, après votre serment Je vous crois, et jamais une belle ne ment ;

Jamais de vos bontés la confidente amie Ne vint m’ouvrir la nuit une porte endormie,

Et jusqu’au lit de pourpre, eu cent détours obscurs, 85 Guider ma main errante à pas muets et sûrs.

Je l’ai cru, pardonnez ; mais ce sera, je pense,...

Oui, c’est qu’à mon sommeil plein de votre présence Un songe officieux, enfant de mes désirs,

M’apporta votre image et de vagues plaisirs. 90

Cette faute à vos yeux doit s’excuser peut-être ;

Même on cite un ingrat qui vous la lit commettre.

Adieu, suivez le cours de vos nobles travaux.

Cherchez, aimez, trompez mille imprudents rivaux.

Je ne leur dirai point que vous êtes perfide, 95

Que le plaisir de nuire est le seul qui vous guide,

Que vous êtes plus tendre, alors qu’un noir dessein,

Pour troubler leur repos, veille dans votre sein ;

Mais ils sauront bientôt, honteux de leur faiblesse,

Quitter avec opprobre une indigne maîtresse. ico

Vous pleurerez, et moi, j’apprendrai vos douleurs Sans même les entendre, ou rire de vos pleurs.

V. 101. On peut comparer la lin de cette élégie avec Horace, Ê] iodes, XV ; Tibulle, 1, ix, 79; et Catulle, VIII.

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