‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 339 sur 496 · AUX DEUX FRÈRES TRUDAINE · texte numérisé non relu

AUX DEUX FRÈRES TRUDAINE

Amis, couple chéri, coeurs formés pour le mien,

Je suis libre : Camille à mes yeux n’est plus rien;

L’éclat de ses yeux noirs n’éblouit plus ma vue.

Mais cette liberté sera bientôt perdue ;

Je me connais. Toujours je suis libre et je sers; s

Être libre pour moi n’est que changer de fers.

Autant que l’univers a de beautés brillantes,

Autant il a d’objets de mes flammes errantes.

Mes amis, sais-je voir d’un œil indifférent

Ou l’or des blonds cheveux sur l’albâtre courant, jo

XXII. — V. 8. André sc peint comme le Thésée de Racine, Phcdrc,

II, v :

Volage adorateur de mille objets divers.

Cf. Anacréon, XXXII, XXXIII; Posidippe, Anth., V, 211. Ovide, Am., II, tv :

Centum sunt causæ cur ego semper amem.

Sive aliqua est oculos in sc dejecta modeslos; t’ror : et insidiæ sunt pudor ille meæ, etc.

Régnier, Sat , VII : .

Et comme & ,.icn aimer mille causes m'invitent,

Aussi mille beautés mes amours ne limitent;

Et courant çà et là, je trouve tous les jours En des sujets nouveaux de nouvelles amours.

Et La Fontaine, Élég., V ;

Que faire? mon destin est tel, qu’il faut que j'aime.

On m'a pourvu d’un coeur peu content de lui-même,

Inquiet et fécond en nouvelles amours :

11 aime à s'engager, mais non pas pour toujours.

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