‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 340 sur 496 · LIVRE II. — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II. — CAMILLE

Ou d’un tlanc délicat l’élégante noblesse, *

Ou d’un luxe poli la savante richesse?

Sais-je persuader à mes rêves flatteurs

Que les yeux les plus doux peuvent être menteurs?

Qu’une bouche où la rose, où le baiser respire, 15

L’eut cacher un serpent à l’ombre d’un sourire?

Que sous les beaux contours d’un sein délicieux l’eut habiter un cœur faux, parjure, odieux?

Peu fait à soupçonner le mal qu'on dissimule.

Dupe de mes regards, à mes désirs crédule, 20

Elles trouvent mon cœur toujours prêt à s’ouvrir.

Toujours trahi, toujours je me laisse trahir;

Je leur crois des vertus dès que je les vois belles.

Sourd à tous vos conseils, ù mes amis fidèles,

Kelevé d’une chute, une chute m’attend ; 25

De Charybde à Scylla toujours vague et flottant,

Page 1