LIVRE II. — CAMILLE
Ou d’un tlanc délicat l’élégante noblesse, *
Ou d’un luxe poli la savante richesse?
Sais-je persuader à mes rêves flatteurs
Que les yeux les plus doux peuvent être menteurs?
Qu’une bouche où la rose, où le baiser respire, 15
L’eut cacher un serpent à l’ombre d’un sourire?
Que sous les beaux contours d’un sein délicieux l’eut habiter un cœur faux, parjure, odieux?
Peu fait à soupçonner le mal qu'on dissimule.
Dupe de mes regards, à mes désirs crédule, 20
Elles trouvent mon cœur toujours prêt à s’ouvrir.
Toujours trahi, toujours je me laisse trahir;
Je leur crois des vertus dès que je les vois belles.
Sourd à tous vos conseils, ù mes amis fidèles,
Kelevé d’une chute, une chute m’attend ; 25
De Charybde à Scylla toujours vague et flottant,