V. 10. Pétrone a dit dans un fragment
Omnis mulicr intra pectus celât virus peslilens;
Dulcc de labris loquuutur, cordc vivunt noxia.
Et Claudien, Éloge de Slilicon, II, 137, en parlant de la Volupté :
Amicta dolosis
Illecebris, torvns auro circuinlinit hydros.
Fénelon, Télémaque, I, imitant un passage de Virgile ( Kglogues , III, 93' : « Gardez-vous d’écouter les paroles douces et flatteuses de Calv|>so, qui se glissent comme un serpent sous les fleurs ; craignez le poison caché. »
V. 20. « Vague, » errant ; c’est le latin vagus. C’est ainsi que Ronsard, Son. pour llélénc, VU, l’a employé, en parlant de Moïse :
Qui, sage, commandas au vague peuple hébreu.
Les poètes se plaisent toujours à comparer les orages de l’amour à ceux de l’Océan. Ainsi Pélrone, Sat., CXII :
Crcde ratem veutis, animum ne crede pucllis.
Horace, Od., I, xxvn :
Ah ! miser !
Quanta lahoras in Charybdi!
Cf. Méléagre, Anth., V, 190. — Régnier, Sat., VII .
•Marquis, vovlà le venl dont ma nef est portée,
ÉLÉGIES
Et toujours loin du bord jouet de quelque orage.
Je ne suis que périr de naufrage eu naufrage.
Ah ! je voudrais n’avoir jamais reçu le jour
Dans ces vaines cités que tourmente l’amour, 30
Où les jeunes beautés, par une longue étude.
Font un art des serments et de l’ingratitude.
Heureux loin de ces lieux éclatants et trompeurs.
Eh ! qu'il eût mieux valu naître un de ces pasteurs Ignorés dans le sein de leurs Alpes fertiles, 33
Que nos yeux ont connus fortunés et tranquilles!
Oh ! que ne suis-je enfant de ce lac enchanté Où trois pâtres héros ont à la liberté Rendu tous leurs neveux et l’IIelvétie entière!
A la triste mercy de la vague indomptée;...
Reste ingrat et piteux de l’orage d'amour.
Malherbe, p. 59 :
La femme est une mer aux naufrages fatale.
Plus loin, p. 154, Malherbe développe encore cette pensée .
Amour a cela de Neptune, etc.
Qui necomiait ces vers délicieux de La Fontaine, Élégie III ;
Mc voici rembarqué sur la mer amoureuse,...
Moi pour qui tant de fois elle fut malheureuse,
Qui ne suis pas encor du naufrage essuyé,
Quitte & peine d’un vœu nouvellement payé.