LIVRE II. — D'.R
De bocage' en bocage, et m’attire et me fuit.
Si dans mes tristes murs je me cherche un asile,
Hélas! contre l’amour en est-il un tranquille?
Si de livres, d écrits, de sphères, de beaux-arts,
Contre elle, contre lui je me fais des remparts,
V l’aspect de l’amour une terreur subite Met bientôt les beaux-arts et les Muses en fuite.
Taciturne, mon front appuyé sur ma main.
D’elle seule occupé, mes jours coulent en vain.
Si j’écris, son nom seul est tombé de ma plume ;
Si je prends au hasard quelque docte volume,
Encor ce nom chéri, ce nom délicieux.
Partout, de ligne en ligne, étincelle à mes yeux.
Je lui parle toujours, toujours je l’envisage; 45
D’.r.., toujours D’.r.., toujours sa belle image Erre dans mon cerveau, m’assiège, me poursuit,
M’inquiète le jour, me tourmente la nuit.
Adieu donc, vains succès, studieuses chimères,
Et beaux-arts tant aimés, Muses jadis si chères ! 50
Malgré moi mes peusers ont un objet plus doux,
Ils sont tous à D’.r.., je n’en ai plus pour vous.
Que ne puis-je à mon tour, ah ! que ne puis-je croire Que loin d’elle toujours j’occupe sa mémoire !
Dans le fond des forets votre iinau'e me suit;
La lumière du jour, les ombres de la nuit,
Tout retrace à mes jeux le charme que j’évite.
Régnier, Chloris et l'hilis, Dial., s’est aussi comparé à la biche :
Qui fuit dans les forêts, et toujours avec elle l’orte, sans nul espoir, sa blessure mortelle.
Ronsard, Francimle, III, dans la peinture de la fureur de Clymène, s’était avant Régnier souvenu de Virgile, quoique plus encore, peut-être, d’Eschyle et de la fille d'Inachus piquée par le taon. Cf. Pétrarque, Son..' « E quai cervo ferito di snctta, » etc. ; Fénelon, Télémaque, IV.
V. 52. Voy. presque le même vers dans le Fragment qui suit l’idylle de Lydé.