‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 368 sur 496 · LIVRE III. — FANS V · texte numérisé non relu

LIVRE III. — FANS V

Quand un regard nous trouble et le cœur et la voix.

Qui cherche les pas d’une belle,

Qui peut ou s’égayer ou gémir auprès d’elle, 33

Lie ses jours peut porter le poids.

J'aime ; je vis. Heureux rivage !

Tu conserves sa noble image,

Son nom, (ju’à tes forêts j’ose apprendre le soir,

Quand, l’àme doucement émue, ao

J’y reviens méditer l’instant où je l’ai vue,

Et l’instant où je dois la voir.

Pour elle seule encore abonde Cette source, jadis féconde,

Qui coulait de ma bouche en sous harmonieux. 45

Sur mes lèvres, tes bosquets sombres Forment jwur elle encor ces poétiques nombres,

Langage d’amour et des dieux.

Ah ! témoin des succès du crime,

Si l’homme juste et magnanime 50

Pouvait ouvrir sou cœur à la félicité,

Versailles, tes routes fleuries,

Ton silence, fertile en belles rêveries,

N’auraient que joie et volupté.

Mais souvent tes vallons tranquilles, 55

Tes sommets verts, tes frais asiles.

Tout à coup à mes yeux s’enveloppent de deuil.

J’y vois errer l’ombre livide D’un peuple d’innocents, qu’un tribunal perfide

Précipite dans le cercueil. 60

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