‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 380 sur 496 · V. 55. Tibulle, 111, ni · texte numérisé non relu

V. 55. Tibulle, 111, ni

- Al si, pro dulci reditu, quacumquc rovenlur,

Audiat a versa non meus aure deus ■

Nec inc régna juvant, nec Lydius aurifor aurais,

Nue quas lerrarum suslinet orhi» opes.

André, comme Horace, Or/., 1, xxxi, et passim, méprise les richesses, et il s'écrie volontiers, comme Anacréon, XV, et comme Archiloque, Anal.. I, P- 42 :

Ou fj.oi zi Tir/eu tou no'jvzpjs'.v piect.

Le Pactole, fleuve de Lydie, est célèbre Mêlas, Gygès, Crésus sont connus par leurs richesses, qu’ils tiraient de là.

ÉPURES

Ni qtieîc diamant, sur la pourpre enchaîné,

Pare mon cœur esclave au Louvre prosterné,

Ni même, vœu plus doux ! qne la main d’Uranie Embellisse mon front des palmes du génie ;

Mais que beaucoup d’amis, accueillis dans mes bras,

Se partagent ma vie et pleurent mon trépas ;

Que ses doctes héros, dont la main de la Gloire 4

A consacré les noms au temple de Mémoire,

Plutôt que leurs talents, inspirent à mon cœur Les aimables vertus qui firent leur bonheur;

Et que de l’amitié ces antiques modèles

Reconnaissent mes pas sur leurs traces fidèles. i>c

Si le feu qui respire en leurs divins écrits

Ü’unc vive étincelle échauffa nos esprits ;

Si leur gloire en nos cœurs souffle une noble envie,

Oh ! suivons donc aussi l’exemple de leur vie :

Gardons d’en négliger la plus belle moitié ; K>

Soyons heureux comme eux au sein de l’amitié.

Horace, loin des flots qui tourmentent Cvthère,

Y retrouvait d’un port l’asile salutaire;

Lui-même au doux Tibulle, à ses tristes amours,

Prêta de l’amitié les utiles secours gu

L’amitié rendit vains tous les traits de Lesbie;

Elle essuya les yeux que lit pleurer Cynthie.

V. 45-G4. Tout ce passage, en y joignant les vers 95 et 90, nous paraît avoir été inspiré directement par ce passage du Discours préliminaire qui est en tète de la tragédie A'Alzire • « Virgile, Varius, lJoll;on, Horace, Tibulle étaient amis ; les monuments de leur amitié subsistent et apprendront à jamais aux hommes que les esprits supérieurs doivent être unis. Si nous n'atteignons pas à leur génie, ne pouvons-nous avoir leurs vertus? Ces hommes sur qui l'univers avait les yeux, qui avaient à se disputer l'admiration de l’Asie, de l’AIViquc et de l'Europe, s'aimaient pointant et vivaient en frères. »

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