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En foule en son cerveau se hâtent de courir.
IVeux-même ils vont chercher un nœud qui les rassemble ; Tout s'allie et se forme, et tout va naître ensemble. S40
Sous l’insecte vengeur envoyé par Juuon,
Telle Io tourmentée, en l’ardente saison.
Traverse en vain les bois et la longue campagne,
Et le fleuve bruyant qui presse la montagne;
Tel le bouillant poète, en ses transports brûlants, 54-,
Le front échevelé, les yeux étincelants,
S’agite, se débat, cherche en d’épais bocages S’il pourra de sa tète apaiser les orages Et secouer le dieu qui fatigue son sein.
De sa bouche à grands flots ce dieu dont il est plein 3 0 Bientôt en vers nombreux s’exhale et se déchaîne ;
Leur sublime torrent roule, saisit, entraîne.
V'. 3il . a Io, » fille d’Innchus, aimée de Jupiter et mélamorpîiosée en vache. Junon jalouse lui attacha aux lianes un insecte vengeur, sous les morsures duquel Io fuyait en proie à une douleur terrible, franchissant les fleuves, les monts et les mers. Coluthus, Rapt . d’Hil., 41, a une comparaison semldnble pour peindre la Discorde.
V. 349. C’est la sibylle de Virgile [En., VI, 77) en proie à la fureur prophétique :
|At l'Im-bi nondum patiens, irnmanis in autro Baccbatur vales, magnum si pcctore possit Excussisse deum : tanto magis ille faligat Os rabidum, fera corda domans, lingitipie premendo.
J. -B. Rousseau, dans l 'Ode au comte du Luc:
Il s'étonne et combat l'ardeur qui le possède,
Et voudrait secouer du démon qui l'obsède I.e joug impérieux.
l'ope, le Temple de la Renommée :
And seem’d (Pindar) to labour with th' inspiring God.
V. 350. « Ce dieu dont il est plein, a Lucain, IX, 564, nous dépeint ainsi Caton :
Ille Aeo p tenus, tacita quem mente gerebal,
Effudit dignas adytis e pectore voccs.
Et Racine, Iph., V, vi, nous montre Calchas :
Terrible, plein Au Aieu qui l'agitait sans doute.
L’INVENTION
Les tours impétueux, inattendus, nouveaux,
L’expression de flamme aux magiques tableaux
Qu’a trempés la nature en ses couleurs fertiles, 555
Les nombres tour à tour turbulents ou faciles,
Tout porte au fond du cœur le tumulte et la paix ;
Dans la mémoire an loin tout s’imprime à jamais.
C’est ainsi que Minerve, en un instant formée,
Du front de Jupiter s’élance tout armée, so i
Secouant et le glaive, et le casque guerrier.
Et l’horrible Gorgone à l’aspect meurtrier.
Des Toscans, je le sais, la langue est séduisante :
Cire molle, à tout feindre habile et complaisante,
Qui prend d’heureux contours sous les plus faibles mains. 3C5 Quand le Nord, s'épuisant de barbares essaims.
Vint par une conquête en malheurs plus féconde.
Venger sur les Romains l’esclavage du monde,
De leurs affreux accents la farouche âpreté
Du latin en tous lieux souilla la pureté. 370
On vit de ce mélange étranger et sauvage
Naître des langues sœurs, que le temps et l’usage,