‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 42 sur 496 · DU RÉGIMENT DE CHATEAUVIEUI · texte numérisé non relu

DU RÉGIMENT DE CHATEAUVIEUI

PÉTÉS A PARIS SUR UNE MOTION DE COLLOT-d’hERBOIS-

Salut, divin Triomphe! entre dans nos murailles!

Rends-nous ces guerriers illustrés Par le sang de Désille et par les funérailles De tant de Français massacrés.

Jamais rien de si grand n’embellit ton entrée, 5

Ni quand l’ombre de Mirabeau S’achemina jadis vers la voûte sacrée Où la gloire donne un tombeau ;

Ni quand Voltaire mort et sa cendre bannie

Htmne. 15 avril 1792. — L'Éd. 1819 n'avait donne que les seize premiers vers. — Pour tout ce qui a rapport aux circonstances au milieu desquelles cet hymne fut composé, voy., dans les Œuvres en prose, les lettres V, VI, VII, VIII, aux auteurs du Journal de Paris ; l’Adresse I à l’Assemblée nationale ; la lettre anonyme aux auteurs du Journal de Paris, p, 317, et la lettre p. 318. — Voy. la biographie, p. xin.

V. 5. De ce mouvement éloquent et poétique, on peut rapprocher un passage d'Horace, Epod. IX :

Io triumphe ! lu moraris aureos Currus, et intactas Loves?

Io triumphe I nec Jugurthino parem Bcllo reportasti ducem,

Neque Alricano, cui super Carlhagmem Virtus srpulcrum condidit.

V. 7. En avril 1791. Marie-Joseph a composé une ode sur la mort de Mirabeau .

* V. 9-12. € Qui croirait qu’il se trouva des hommes assez ennemis de

HYMNE

cm

Rentrèrent aux murs de Paris, 10

Vainqueurs du fanatisme et de la calomnie Prosternés devant ses écrits.

Un seul jour peut atteindre à tant de renommée,

Et ce beau jour luira bientôt !

C’est quand tu conduiras Jourdan à notre armée, îs

Et Lafayette à l’échafaud.

Quelle rage à Coblentz ! quel deuil pour tous nos princes, Qui partout diffamant nos lois,

Excitent contre nous et contre nos provinces

Et les esclaves et les rois ! îo

Ils voulaient nous voir tous à la folie en proie. .

la gloire, assez cruels, pour se permettre d'outrager sa cendre, en lui refusant ces tristes et derniers devoirs que l'humanité commande envers les morts chez les peuples les plus sauvages? Si la nation eût partagé le fanatisme de ses prêtres, il faudrait ensevelir cet opprobre dans un éternel silence: mais au momcnL où la France eut conquis sa liberté, elle s empressa de venger, de eonso'er cette cendre par des honneurs qui n'avaient pas encore eu d'exemple dans les fastes de son histoire. Le, corps de Voltaire, ramené dans Paris avec la pompe la plus auguste, accompagné d’un peuple immense et d'hymnes triomphales, qui n'étaient point chantées par des prêtres, mais par des citoyens libres, les seuls qui sachent apprécier et décerner la gloire, fut déposé dans un temple consacré par la nation à la mémoire de ses grands hommes. » Pu.usot. — Ce fut le 12 juillet 1791 qu’eut lieu latr.insla irndu corps de Voltaire au Panthéon. Ce fut Marie-Joseph qui com i si pour la circonstance un hymne dont Gossec ht la musique. Trois mois avant, Marie-Joseph disait dans son ode sur la mort de Mirabeau :

Tu fnmtisme étrange exemple...

Voltaire est presque sans tombeau!

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