‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 426 sur 496 · V. 18. « Épris, » enflammé. Racan, Stances à des Fontaines · texte numérisé non relu

V. 18. « Épris, » enflammé. Racan, Stances à des Fontaines

Un feu si véhément Ava^ espris son âme.

V. 23. « Aux astres fiancée, » expression toute virgilienue. La voici dans la V* Églogue, 62 :

Ipsi lætitia vo Ces ad sldcra jaclant.

V. 24. C’est la même image que dans les premières strophes de l’Ode au Vengeur, de Le Brun.

V. 35. Lucrèce la franchissait au flnmhcau d'Èpieure (III, 1). On peut comparer avec les vers d’André le fragment du livre 111 du poème de Le Brun :

Qu'il est heau de franchir, loin de» vulgaires yeux,

Ces abîme, d’a/ur oirnagent tant de cieux! etc.

Je vois l’être et la vie et leur source inconnue,

Dans les fleuves d’éther tous les inondes roulants ;

Je poursuis la comète aux crins étincelants,

Les astres et leurs poids, leurs formes, leurs distances ;

Je voyage avec eux dans leurs cercles immenses. 49

Comme eux, astre, soudain je m’entoure de feux ;

Dans l’éternel concert je me place avec eux :

En moi leurs doubles lois agissent et respirent;

Je sens tendre vers eux mon globe qu’ils attirent;

Sur moi qui les attire ils pèsent à leur tour. 4a

Les éléments divers, leur haine, leur amour,

Les causes, l’infini s’ouvre à mon œil avide.

Bientôt redescendu sur notre fange humide.

J’y rapporte des vers de nature enflammés,

Aux purs rayons des dieux dans ma course allumés. so Ecoutez donc ces chants d’Hermès dépositaires,

Où l’homme antique, errant dans ses routes premières,

Fait revivre à vos yeux l’empreinte de ses pas.

Mais dans peu, m’élançant aux armes, aux combats,

Mais si Le Brun et Chénier sont dans le même courant scientifique et philosophique, qui est celui de leur époque, Chénier, sous le rapport poétique, laisse Le Brun bien loin derrière lui. La Fontaine apparaît parfois comme un des génies inspirateurs d’André , ainsi qu’ André, il avait abordé et dégagé des fables antiques ces grands mystères de la nature. 11 est bon de mettre en regard de tout ce passage ces beaux vers de La Fontaine, Fab., VII, xvm :

J'aperçois le soleil ; quelle en est la figure?

Ici-bas ce grand corps n'a que trois pieds de tour,

Mais si je le voyais là-haut, dans son séjour,

Que serait-ce à mes veux que l'œil de la nature?

Sa distance me fait juger de sa grandeur;

Sur l'angle et les côtés ma main le détermine.

L’ignorant le croit plat; j'épaissis sa rondeur :

Je le rends immobile ; et la terre chomine.

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