V. 1. Cf. Properce, I, ix, 3i. — Régnier, Dial
Volontiers les ennuis s’nlli'genl aux discours.
Corneille, Polxj., I, m :
A raconter ses maux souvent on les soulage.
ART D'AIMER
Tempère au moins un peu les breuvages d’absinthe.
Ainsi le fiel d’amour s’adoucit par la plainte,
Soit que le jeune amant raconte son ennui 5
A quelque ami jadis agité comme lui,
Soit que, seul dans les bois, ses éloquentes peines Ne s’adressent qu’aux vents, aux rochers, aux fontaines.
Si d’un mot échappé l’oulrageuse rudesse A pu blesser l’amour et sa délicatesse,
Immobile il gémit, songe à tout expier.
Sans honte, sans réserve, il faut s'humilier :
Églé, tombe à genoux, bien loin de te défendre ; b
Tu le verras soudain plus amoureux, plus tendre.
Courir et t’arrêter, et lui-même à genoux Accuser eu pleurant sou injuste courroux.
Mais souvent malgré toi, sans fiel ni sans injure,
Ta bouche d’un trait vif aiguise sa piqûre ; io
Le trait vole, tu veux le rappeler en vain :
Ton amant consterné dévore son chagrin.
Ou bien d'un dur refus l’inflexible constance De ses feux tout un jour a trompé l’espérance;
11 boude : un peu d’aigreur, un mot même douteux ib
V. 3. André ne seuible-t-il pas transporter de la philosophie à l’amour, en ou uuxliliant le sens, une comparaison de Lucrèce (I, 035;, où le poète latin, disant qu'il embellit la philosophie des Heurs du la poésie, ajoute
Sed veluti pueris ahsinthia tetra medentes Cum dare conautur. prius oras pocula circum Conlingunt mellis dulci flavoque liquore.