‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 447 sur 496 · V. 18. Segrais, Athis, III, s'adressant à l’Amour · texte numérisé non relu

V. 18. Segrais, Athis, III, s'adressant à l’Amour

Il faut être appelé dans tes secrets mystères,

Pour pouvoir exprimer ces aimables colères,

Ces invitants refus, ces démêlés charmants,

Ces transports désirés, ces doux empressements,

El ces rudes combats dont les plus fortes armes Sont les soumissions, les soupirs et les larmes.

V. 24. Ce trait est imité de Pétrone, Satyr., CXXVlil : « Rapuit deindc tacenti spéculum, et postquam omnes vultus tentavit, quos solet inter amantes risus frangere... »

VII. — Ce fragment faisait partie des Frag. d’élégies, dans les autres éditions.

ART D’AIMER

Tourner sur toi des yeux qui demandent pardon !

Crois qu’abjurant soudain le reproche farouche,

Tes baisers porteraient son pardon sur sa bouche. 10

Qu'il est doux, au retour de la froide saison,

Jusqu’au printemps nouveau regagnant la maison,

De la voir devant vous accourir au passage,

Ses cheveux en désordre épars «ur son visage !

Son oreille de loin a reconnu vos pas : 5

Elle vole, et s’écrie, et tombe dans vos bras ;

Et sur vous appuyée et respirant à peine,

A son foyer secret loin des yeux vous entraîne.

Là, mille questions qui vous coupent la voix,

Doux reproches, baisers, se pressent à la fois. 10

La table entre vous deux à la hâte est servie :

L’œil humide de joie, au banquet elle oublie Et les mets et la table, et se nourrit en paix Du plaisir de vous voir, de contempler vos traits.

Sa bouche ne dit rien, mais ses yeux, mais son Ame, 15 Vous parlent ; et bientôt des caresses de llamme Vous mènent à ce lit qui se plaignait de vous.

C’est là qu’elle s’informe avec un soin jaloux

Si beaucoup de plaisirs, surtout si quelque belle

Habitait la contrée oîi vous étiez loin d elle. 2u

VIII. — Nous avons détaché ce fragment de \'Épitre\, avec laquelle il n’avait aucun rapport. — Segrais, Égl. III, a tracé un tableau semblable ■

O dieux t que de plaisir, si, quand j’arriverai,

Elle me voit plus tôt que je ne la verrai;

Et du haut du coteau qui découvre ma route,

En s’écriant ; C'est lui 1 c'est lui-même, sans doute!

Pour descendre en la rive elle ne fait qu’un pas,

Vient jusqu'à moi peut-être ; et, me tendant les bras.

M’accorde un doux baiser de sa hourlic adorable !

PUËMES.

Quand .lunon sur l’Ida plut au maître du monde,

Xanthus l’avait tenue au cristal de son onde,

Et sur sa peau vermeille une savante main Fit distiller lu rose et les flots de jasmin.

Cultivez vos attraits : la plus belle nature 5

Veut les soins délicats d’une aimable culture.

Mais si l’usage est doux, l’abus est odieux.

IX. — V. i. Le début de ce fragment est inspiré de Pétrone, Sal., CXXVII :

Idavi quairs fudit de verticc (tores

Terra parons, cuin se confesso junxil amori

Jupiter, et toto concepit pectore flaimnas :

Kmicuere rosæ, violteque

V. 2. Par suite d'une correction du premier éditeur, dont on ne peut saisir le motif, toutes les éditions ont donné jusqu'à présent (Vous au lieu de Xanthus qui est dans le manuscrit. L'épisode auquel André Chénier fait allusion est raconté dans l'Iliade, XIV, mais Homère n’y dit pas que, lorsque Junon fit ses apprêts de toilette pour se rendre auprès de Jupiter sur l’Ida, elle se fût baignée dans l’eau puisée au Xanthus. Ce détail est ajouté par le poète, peut-être en souvenir de cette circonstance que Vénus, selon P Ktymologkum maynurn (v. Szâ/ravô os), s’était baignée dans ce lleuve avant de dévoiler ses charmes sur l’Ida au berger de Pbrygie. Un sait que, selon Homère, Iliade, XXI, 74, ce fleuve est celui

"Ov Ssivêov xsc/couot dioi, ivopti Si ExdjuscvéjOOV.

V. 7 et suiv. Dans le passage qui suit, André développe la même pensée ijue Properce, I, n :

Quid juvat ornato procédera, vita, capillo,

Et tenues Coa veste moverc sinus?

Aut quid Orontea criues perfundere myrrlia,

Teque peregrinis vendere inuneribus;

Naturœquc decus mercato perdere cultu,

Nec sinere in propriis membra niterc bonis?

Crede milii, lion ulla turc est medicina figura’ :

Nudus amor forma: non amat artificem.

Cf. Ovide, Art d’aimer, III, 129. Comme le dit encore Pétrone dans un fragment :

Xeglcctiin milii quai se coniil arnica,

Ua’c et iooruata simpliritatc valet.

ART D’AIMER

Des parfums entassés l’amas fastidieux,

De la triste laideur trop impuissantes. armes, •

A d’indignes soupçons exposeraient vos charmes. 10

Que dans vos vêtements le goût seul consulté N’étale qu’élégance et que simplicité.

L’or ni les diamants n’embellissent les belles ;

Le goût est leur richesse; et, tout-puissant comme elles,

Il sait créer de rien leurs plus beaux ornements ; 15

Et tout est sous ses doigts l'or et les diamants.

J’aime un sein qui palpite et soulève une gaze.

L’heureuse volupté se plaît, dans son extase,

A fouler mollement ces habits radieux

Que déploie au Cathay le ver industrieux. 20

Le coton mol et souple, en nue trame habile,

Sur les bords indiens, pour vous prépare et file Ce tissu transparent, ce réseau de Vulcain,

Qui, perfide et propice à l’amant incertain,

Lui semble un voile d'air, un nuage liquide, ï>

Oîi Vénus se dérobe et fuit son œil avide.

V. 23. j Ce réseau de Vulcain; » tissu lin comme une toile d'araignée ; vov. V Aveugle, 198.

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