‹ Poesies de Andre Chenier edition critiqueChapitre 474 sur 496 · V. 56. André a dit de lui-même, Ëlég., II, m · texte numérisé non relu

V. 56. André a dit de lui-même, Ëlég., II, m

Jeune amant des festins, des vers, de la beauté.

V. GC. O11 voit qu'André Chénier avait écrit ce morceau avant d'aller en Angleterre ; il aura moins d’enthousiasme quand il y aura passé près de trois ans. Voy. Poésies diverses, VIII.

ET ODES

Tu vois sous les soldats les villes gémissantes;

Corvée, impôts rongeurs, tributs, taxes pesantes,

Le sel, fils de la terre, ou même l’eau des mers,

Sources d’oppression et de fléaux divers ;

Vingt brigands, revêtus du nom sacré de prince, S'j

S’unir à déchirer une triste province,

Et courir à l’envi, de son sang altérés,

Se partager entre eux ses membres déchirés.

O sainte Égalité ! dissipe nos ténèbres,

Renverse les verrous, les bastilles funèbres. üo

Le riche indifférent, dans un char promené,

De ces gouffres secrets partout environné,

Rit avec les bourreaux, s’il n'est bourreau lui-même;

Près de ces noirs réduits de la misère extrême,

D’une maîtresse impure achète les transports, os

Chante sur des tombeaux, et boit parmi des morts.

Malesherbes, Turgot, ô vous en qui la France Vit luire, hélas ! en vain sa dernière espérance,

Ministres dont le cœur a connu la pitié.

Ministres dont le nom ne s’est point oublié ; too

Ab! si de telles mains, justement souveraines,

Toujours de cet empire avaient tenu les rênes,

L’équité clairvoyante aurait régné sur nous ;

Le faible aurait osé respirer près de vous ;

L’oppresseur, évitant d’armer d'injustes plaintes, to-i

Sinon quelque pudeur aurait eu quelques craintes ;

Le délateur impie, opprimé par la faim,

Serait mort dans l’opprobre, et tant d’hommes enfin,

A l’insu de nos lois, à l’insu du vulgaire,

Foudroyés sous les coups d’uu pouvoir arbitraire, 110

V. 97. Malesherbos et Turbot se retirèrent du ministère en 1770 ; mais Malesherbes y rentra, pour <]iiel<]ucs mois seulement, en 1787.

HYMNES

De cris non entendus, de funèbres sanglots,

Ne feraient point gémir les voûtes des cachots.

Non, je ne veux plus vivre en ce séjour servile;

J’irai, j'irai bien loin me chercher un asile,

Un asile à ma vie eu son paisible cours, lia

Une tombe à ma cendre à la lin de mes jours,

Où d’un grand au cœur dur l’opulence homicide Du sang d’un peuple entier ne sera point avide,

Et ne me dira point, avec un rire affreux,

Qu’ils se plaignent sans cesse et qu’ils sont trop heureux; 1-20 Où, loin des ravisseurs, la main cultivatrice Recueillera les dons d’une terre propice;

Où mon cœur, respirant sous un ciel étranger,

Ne verra plus des maux qu’il ne peut soulager ;

Où mes yeux, éloignés des publiques misères, 125

Ne verront plus partout les larmes de mes frères,

Et la pftle indigence à la mourante voix,

Et les crimes puissants qui font trembler les lois.

Toi donc, Equité sainte, ô toi, vierge adorée,

De nos tristes climats pour longtemps ignorée, 130

Daigne du haut des cieux goûter le libre encens D’une lyre au cœur chaste, aux transports innocents,

Qui ne saura jamais, par des vœux mercenaires,

V. 114. Notons encore ici le mouvement poétique imité de Virgile, et que déjà nous avons tait remarquer dans les Elégies, II, xxu, 75, et dans l 'Art d’aimer, XII, 22.

V. 128. Vers admirable, bien supérieur, dans la forme cl dans la pensée, aux vers célèbres de Gilbert, Apol. :

Obscur, on l'eût flétri d’une mort légitime ;

Il est puissant, les lois ont ignoré son crime.

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