‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 145 sur 424 · V. Denys le Périégète · texte numérisé non relu

V. Denys le Périégète

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Le tableau charmant de ces jeunes Lydiens , qui suivent d’un regard amoureux ces belles vierges dansantes, devait plaire au goût délicat d'André; cette description est poétique et a une grâce tout orientale. Dans un |>ocme indien , le Ramayana , des courtisanes qui veulent séduire un rischi, dansent autour de lui ; leurs vêtements, en tournoyant, se soulèvent avec toutes leurs parures , et le cœur du rischi en parait amoureusement remué.

Mais André ne se souvenait-il pas de Denys le géographe en traçant , dans le Jeune Malade , ce délicieux tableau :

O vent sonore et frais qui troublais le feuillage ,

Et faisais frémir l'onde, et sur leur Jeune sein Agitais les replis de leur robe de lin !

De légères beautés troupe agile et dansante 1

VII. Dans l’élégie de Tibulle , Sulpiee tremble que son amant ne soit la proie des dents redoutables d’un sanglier; il y avait là une situation poétique que le poète latin n’exprime pas, mais qu’André eut probablement saisie avec empressement, et qui rappelle l’élégie de Dion et la mort du bel Adonis,

ÉTUDES ET FRAGMENTS

VI 11. — « Il ne sera pas impossible (dit-il) de parler quelque part de ces mendiants charlatans qui demandaient pour la mère des dieux , et aussi de ceux qui , à Rhodes , mendiaient pour la corneille et l’hirondelle ; et traduire les deux jolies chansons qu’ils disaient en demandant cette aumône et qu’ Athénée a conservées. »

IA- — Il était si en quête de ces gracieuses chansons, de ces noëls de l'antiquité, qu'il en allait chercher d’analogues jusque dans la poésie chinoise, à peine connue de son temps : il regrette qu'un missionnaire habile n’ait pas traduit en entier le Chi-King , le Livre des vers, ou du moins ce qui en reste. Deux pièces, citées dans le treizième volume de la grande histoire de la Chine qui venait de paraitre, l’avaient surtout charmé. Dans une ode sur l'amitié fraternelle, il relève les paroles suivantes : • Un frère pleure son frère arec des larmes véritables. Son cadavre fdt-il suspendu sur un abîme à la pointe d'un rocher , ou enfoncé dans l'eau infecte d’un gouffre, il lui procurera un tombeau. •

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