‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 15 sur 424 · V. 171. Malherbe, p. 64: Ces arrogants · texte numérisé non relu

V. 171. Malherbe, p. 64: Ces arrogants

... Dans leur bonté en sert lis.

LXXYI

LE JEU DE PAUME

Bientôt ce reste même est contraint de plier.

O raison! divine puissance!

Ton souffle impérieux dans le même sentier Les précipite tous. Je vois le fleuve entier 175

Rouler en paix son onde immense,

Et dans ce lit commun tous ces faibles ruisseaux Perdre à jamais et leurs noms et leurs eaux.

O France ! sois heureuse entre toutes les mères.

Ne pleure plus des fils ingrats, 180

Qui jadis s’indignaient d’être appelés nos frères :

Tous revenus des lointaines chimères,

La famille est toute en tes bras.

Mais que vois-je? ils feignaient? Aux bords de notre Seine Pourquoi ces belliqueux apprêts? 185

Pourquoi vers notre cité reine Ces camps, ces étrangers, ces bataillons français Traînés à conspirer au trépas de la France ?

De quoi rit ce troupeau d’eunuques du palais ?

Riez, lâche et perfide engeance ! 190

D’un roi facile et bon corrupteurs détrônés,

Riez ; mais le torrent s’amasse.

V. 185. Ce mouvement rappelle VOilr h la reine, de Gilbert, qui débute ainsi : Où courent, les cheveu* épars,

Ce* vierges, ces époux, ces mCres ? etc.

Casimir Delavigne, dans Jeanne (T Arc :

D'où vient ce bruit lugubre? où courent ce* guerriers ? etc.

Dans Racine , Athalie , III, vu, Joad, que Dieu inspire, s’écrie:

Où menez-vous ces enfants et ces femmes ?

A LOl'IS DAVID

LXXVIt

Riez ; mais du volcan les feux emprisonnés Bouillonnent. Des lions si longtemps enchaînés

Vous n'attendiez plus tant d’audace! 195

Le peuple est réveillé. Le peuple est souverain.

Tout est vaincu. La tyrannie en vain,

Monstre aux bouches de bronze, arme pour cette guerre Ses cent yeux, ses vingt mille bras,

Ses flancs gros de salpêtre, où mugit le tonnerre : 200

Sous son pied faible elle sent fuir sa terre,

Et meurt sous les pesants éclats Des créneaux fulminants, des tours et des murailles,

Qui ceignaient son front détesté.

Déraciné dans ses entrailles, 20s

L’enfer de la Bastille, à tous les vents jeté,

Vole, débris infâme et cendre inanimée ;

Et de ces grands tombeaux, la belle Liberté,

Altière, étincelante, armée,

Sort. Comme un triple foudre éclate au haut des deux, 210 Trois couleurs dans sa main agile

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