‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 16 sur 424 · V. 194. Éd · texte numérisé non relu

V. 194. Éd

Des lions si longtemps déchai nés.

V. 198. Le verbe armer se rencontre souvent dans le sens de « se servir d’une chose comme d’une arme, la faire passer à l’étal d'arme ». Cet emploi de armer est frequent chez les poètes. Racine, les Frères ennemis , I, m :

Voudrait-elle obéir à ce prince inhumain,

Qui vient d'armer contre elle et le for et 1a faim ?

Roileau, Éplt. V :

Je n'arme point contre eux me* ongles émoussé*.

V. 210. La poétique française interdit généralement les enjambemeuts d’une strophe à une autre; toutefois le rejet du mot sort à la strophe XII n’est pas sans produire un certain effet poétique ; car il est à remarquer que la strophe XII tout entière est un tableau qui se développe soudain à ce seul mot sort.

LXXYIII

LE JEU DE PAUME

Flottent en long drapeau. Son cri victorieux Tonne : à sa voix, qui sait, comme la voix des dieux,

En homme transformer l'argile,

La terre tressaillit. Elle quitta son deuil; 21s

Le genre humain d’espérance et d’orgueil Sourit; les noirs donjons s’écroulèrent d’eux-mêmes ;

Jusque sur les trônes lointains Les tyrans ébranlés, en hâte à leurs fronts blêmes,

Pour retenir leurs tremblants diadèmes, 220

Portèrent leurs royales mains.

A son souffle de feu, soudain de nos campagnes S’écoulent les soldats épars Comme les neiges des montagnes ;

Et le fer ennemi tourné vers nos remparts, 225

Comme aux rayons lancés du centre ardent d’un verre, Tout à coup à nos yeux fondu de toutes parts,

Fuit et s’échappe sous la terre.

Il renaît citoyen ; en moisson de soldats

Se résout la glèbe aguerrie. 230

V. 22 1. Image frappante! Malherbe, p. 169, dit que la paix . . . de la majesté des lois Appuyant les pouvoirs suprêmes.

Fait demeurer les diadèmes Fermes sur la tête des rois.

Page 1