I. — V. (». « S'unit. *• André avait d'altord mis s'accorde
V. 7. Ver» inspiré de Virgile, Égl. X, 48, lorsque (îallus seerie eu pensant à l.y coris seule , hélas ! et loiu de lui :
Ah I tibi ne tenrras g lac 1rs «fret aspcra plantas.
ELEGIES
Délicate, elle tremble à l’aspect des frimas,
Et prés d’un pur foyer, cachée en sa retraite,
Entend les vents mugir, et sa voix est muette. 10
Mais sitôt que Procné ramène les oiseaux,
Dès qu’au riant murmure et des bois et des eaux,
Les champs ont revêtu leur robe d’hyménée,
A ses caprices vains sans crainte abandonnée,
Elle renaît; sa voix a retrouvé des sons; 15
Et comme la cigale, amante des buissons,
De rameaux en rameaux tour à tour reposée,
D'un peu de fleur nourrie et d’un peu de rosée,
S’égaye, et, des beaux jours prophète harmonieux,
Aux chants du laboureur mêle son chant joyeux ; 20
Properce, I, vm, 7, écrit à Cynthic :
Tu pedibus tonrris posita* su Icare pruina* I
Cf. Le Tasse, Ger. lib. XVI, xxxix.
V. 11. « Procné , ■ l’hirondelle. Voy. Poés. ant. F.pigr. 111.
V. 16-20. Cette comparaison est tout un tableau, à la manière large des maîtres; André enchâsse dans son élégie l’ode XLIII d’Anacréon, avec une telle habileté que, si l’on ne connaissait aussi bien le poète de Téos, on ne se douterait pas du larcin : MaxapUopiv <st% téTttÇ,
5ti fievopéutv ère’ âxpcov, ôXiyïjv Spôoov tïetcwxü);,
{JaçtXeù; Stho;, àet&eiç....
£ù çiXtot ■yetl,PT“v »
àîià (jlT(5cvoç ti pXitrTOïv * où ci tîaio; ^poToîoi ,
OÉpso; yXuxù; ttpoçrjTTfjç.
Noiiuus, Diunys . V, 245, dit aussi de l'abeille qu’elle se nourrit d’un peu de rosée. Méléagre , Anal. I, p. 32, CXI, dans une épigramme tout anacréontique , emploie une charmante expression : « Tértif Spooepat; orotyévt'TOt (tsOuoOet;. « Mais l’expression d’André se rapproche davantage de celle de Virgile, Égl, V, 77 : « Hore pascuntur cicadc. » L'odelette d’Anacréon elle-même n’est qu’une imitation d’un passage d’Hésiode, Scut . 393. Ronsard, Amours, II, XXXII, imitait Anacréou quand il a dit du rossignol :
Si tost que tu as beu quelque peu de rosée,
Soit de nuict, soit de Jour, ès feuilles d'un buisuju.
Pendant les aisles bas , tu dis une rhanson D’une note rustique A ton grc composée.
Goethe avait remarqué l’odelette d'Anacréon et l’a heureusement traduite. Mais \oici
LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES 141 Ainsi, courant partout sous les nouveaux ombrages,
Je vais chantant Zéphyr, les nymphes, les bocages,
Et les fleurs du printemps et leurs riches couleurs,
Et mes belles amours, plus belles que les fleurs.
Jeune fille, ton cœur avec nous veut se taire.
Tu fuis, tu ne ris plus ; rien ne saurait te plaire, la soie à tes travaux offre en vain des couleurs ; L'aiguille sous tes doigts n’anime plus des fleurs.
Tu n’aimes qu’à rêver, muette, seule, errante, s
Et la rose pâlit sur ta bouche mourante.
un rapprochement curieux. Antipater Thessalonicus dit dans «ne épigranmie, Anal. Il, p. 116, XXX :
*\pxtî tcttiyo; (jLeOûcratt Spôoo; * àXXà itiovTS;
àîtôeiv xûxvtov elai YtytovÔTepoi.
®li; xai àoûkô; àv9|p, Çevtuiv yipiv, àvTanoâoüvou G(avoo; eOs'pxTat; otde, x. r. X.
D’un rien, d’une fleur, d’uuc goutte de rosée, dit André, le poète, comme la cigale, s’enivre et chante ; en retour du moindre présent, dit Antipater, le poëte trouve des vers harmonieux. Un intervalle immense sépare l’épigramme d’Antipater de l’élégie d’André : les âmes des poètes reflètent les temps ou ils vivent. André ne s’inspire que de la nature; la dignité, la liberté respire dans ses vers; daus Antipater, on sent le mime, l’histrion, le flatteur du siècle d’Auguste, qui n’a pas honte de vendre aux $ ronds ses hymnes avilis ; car (tvCa, ce sont les présents, les faveurs que les grands distribuent à leurs hôtes familiers , les miettes qui tombent de la table des grands.