‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 163 sur 424 · V. 35. Horace, Sat. Il, vi, I · texte numérisé non relu

V. 35. Horace, Sat. Il, vi, I

Hoc erat in voti» : modus agri non ila nia gnu s Hortu* ubi , et tecto vicini» Jugis aqux fons.

Et pauluin aylv* *uper hii forci , rte.

Kl plus loin, au v. GO de la même satire :

O rus, quando rgo te adspiciam ? quandoqur licel.it Nunc veterum libria, nunc «omno et inertibus hori*

Ducerc solliclt* Jucunda oblivia vit* ?

V. PJ-G2. [Qui va s'asseoir ainsi au déclin du jour sur le penchant de la montagne, pour voir le soleil se coucher dans la plaint* ,

Dont le tableau changeant se déroule a scs pieds ?

Qui décrit avec une simplicité ri pénétrante le charme du soir? Qui surprend une ressemblance entre le calme du fleuve et la paix de l'Ame? Qui cherche ainsi les se» crêtes harmonies de la nature et de l’homme? Ce n’est pas Horace, c’est plutôt

ÉLÉGIES

Des antres, des forêts déesse tutélaire, 50

Qui vient d’une insensible et charmante langueur Saisir l’ami des champs et pénétrer son cœur,

Quand, sorti vers h* soir des grottes reculées,

Il s’égare à pas lents au penchant des vallées,

Et voit des derniers feux le ciel se colorer, 55

Et sur les monts lointains un beau jour expirer.

Dans sa volupté sage, et pensive et muette,

Il s’assied, sur son sein laisse tomber sa tête.

11 regarde à ses pieds, dans le lirjuide azur

Du fleuve qui s’étend comme lui calme et pur, <>o

Se peindre les coteaux, les toits et les feuillages,

Et la pourpre en festons couronnant les nuages.

Il revoit près de lui, tout à coup animés,

Ces fantômes si beaux, à nos pleurs tant aimés,

Dont la troupe immortelle habite sa mémoire : es

Julie, amante faible et tombée avec gloire ;

Clarisse, beauté sainte où respire le ciel,

Dont la douleur ignore et la haine et le fiel,

Qui souffre sans gémir, qui périt sans murmure; Clémentine adorée, âme céleste et pure, 70

Qui, parmi les rigueurs d’une injuste maison,

Ne perd point l’innocence en perdant la raison.

Mânes aux yeux charmants, vos images chéries Accourent occuper ses belles rêveries;

Ses y eux laissent tomber une larme. Avec vous 75

Il est dans vos foyers, il voit vos traits si doux.

M. de Lamartine. Chénier, parti du hoc erat in votis , aboutit à la première méditation. Voilà la rêverie véritable, voilà la mélancolie. Ric.aült, Étude sur Horace ].

V. 60, 67, 70. « Julie , » héroïne de la Nouvelle Héloïse de Rousseau; • Clarisse , Clémentine , *» de deux romans de Richardson : Clarisse Harlowe et Grandisson.

LIVRE l — MÉDITATIONS— VOYAGES A vos persécuteurs il reproche leur crime.

Il aime qui vous aime, il hait qui vous opprime.

Mais tout à coup il pense, ô mortels déplaisirs !

Que ces touchants objets de pleurs et de soupirs so

Ne sont peut-être, hélas ! que d’aimahles chimères,

De l’àme et du génie enfants imaginaires.

11 se lève, il s’agite à pas tumultueux ;

En projets enchanteurs il égare ses vœux :

Il ira, le cœur plein d’une image divine, 85

Chercher si quelques lieux ont une Clémentine,

Et dans quelque désert, loin des regards jaloux,

La servir, l’adorer et vivre à ses genoux.

A LE BRUN

Mânes de Callimaque, ombre de Philétas,

Dans vos saintes forêts daignez guider mes pas.

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