V. 3 et 4. Éd. 1820 et
N'a besoin ni «tu fer qui vrille autour des rois.
Ni des traits dont le Scythe a rempli son carquois.
LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES ir.9 Des flèches dont le Scythe a rempli son carquois,
Ni du plomb que l’airain vomit avec la flamme. 5
Incapable de nuire, il ne voit dans son âme Nulle raison de crainte, et, loin de s’alarmer,
Confiant, il se livre aux délices d’aimer.
O de Pange ! ami sage, est bien fou qui s’ennuie.
Si les destins deux fois nous permettaient la vio, 10 L’une pour les travaux et les soins vigilants,
L’autre pour les amours, les plaisirs nonchalants,
On irait d’une vie âpre et laborieuse
Vers l’autre vie au moins pure et voluptueuse.
Mais si nous ne vivons, ne mourons qu’une fois, 15
Eh! pourquoi, malheureux, sous de bizarres lois, Tourmenter cette vie et la perdre sans cesse,
Haletants vers le gain, les honneurs, la richesse ;
Oubliant que le sort immuable en son cours,