V. 4 et suiv. Imité d’Horace, Od. Il, ix
Non sempt-r imbrc» nubibus hkspidos Manant In agro», aut mare Caspiutn Vrsant Inæqualr» proccllz Uftque , ncc Armeniis in ort» ,
A mire Valgt , *tat glacies iners Meme» per omnea; aut aquilonibus Querceta Gargani laborant ,
Et folils viduantur oral.
André sans doute se souvenait aussi de ee passage d'Euripide, Herc. fur. lui , où lu même pensée est exprimée :
Kipvouot vip toi '/.il pporiiv ol euuç opai , xai iDeOpaT' àvsptov oùx àei pùpr,v £/ti , oî e'j,uyoüv,£; ôià tt)ou; où* sù-ruyei; • itioTxxoi yap itiv,’ àn' àAXtjlwv îiya.
Cf. Pindare, Ol. II. — L’ode d'Horace a eu beaucoup d'imitateurs dans la poésie française. Voy. Ronsard, /4m. 1, CI.XVI, et O/l. IV, \\1 ; ni l’une ni l'autre de ces deux imitations ne sont bonnes. Ronsard s'évertue à surcharger sa pensée de mots et de rapports nouveaux. Voyez encore Racan, Berg. 111, Chvrur, el V, Épilh. ; Malherbe, p. 233 cl p. 247 ; Rousseau, Od. II, iv.
LIVRE I — MÉDITATIONS - VOYAGES 169 C'est ainsi que, d’écueils et de vagues pressé,
Pour mieux goûter le calme il faut avoir passé, 10
Des pénibles détroits d’une vie orageuse,
Dans une vie enfin plus douce et plus heureuse.
La Fortune arrivant à pas inattendus
Frappe, et jette en vos mains mille dons imprévus:
On le dit. Sur mon seuil jamais cette volage 15
N’a mis le pied. Mais quoi ! son opulent passage,
Moi qui l’attends plongé dans un profond sommeil, Viendra, sans que j’y pense, enrichir mon réveil.
Toi qu’aidé de l’aimant plus sûr que les étoiles,
Le nocher sur la mer poursuit à pleines voiles ; 20
Qui sais de ton palais, d’esclaves abondant,
V. 14. A chacun des vers 14, 15, 16, la césure avance d’une syllabe. Par cette coupe savante, André parvient à imiter les mètres variés de la fable.