V. CSC». Éd. 1 82 (ï et
Nous disputions encor dr la gloire et des belles.
Pour rendre la phrase intelligible, il n'y avait nul besoin de défigurer le texle ; il suffisait de supprimer l'accent que toutes les édit, précéd. mettent sur le mot ou, au v.C4.
V. 72. La métaphore, mettre un frein à des flots, est très-fréquente Voy. Ovide, Met. 1, 282; Lucrèce, VI, .S 29. La Fontaine, Songe de faux :
Le cirt armé de vents
Arrêtait le cour* «le* torrent*
Et leur donnait un frein de glace.
Ronsard, Od. IV, xxi, avait dit déjà :
. . . Toujours la çlare éternelle De* fleuves ne bride le cour».
LIVRE I — MÉDITATIONS — VOYAGES 175 .Mais le printemps revient amollir leurs entraves,
Leur frein s'use et se brise au souffle du zéphyr, 75
Et l’onde en liberté recommence à courir.
De l’art de Pyrgotèle élève ingénieux,
Dont , à l’aide du tour, le fer industrieux Aux veines des cailloux du Gange ou de Syrie Sait confier les traits de la jeune Marie,
Grave sur l’améthyste ou l’onyx étoilé 5
Ce que d’elle aujourd’hui les dieux m’ont révélé.
Souvent, lorsqu’aux transports mon âme s'abandonne, L’harmonieux démon descend et m’environne,
Chante; et ses ailes d’or, agitant mes cheveux. Rafraîchissent mon front qui bouillonne de feux. io
XII *. — La jeune Marie qui est célébrée dans celte élégie ne serail-elle pas, dans la peasée du poêle, Marie de Médicis? La pièce pourrait être alors imitée d’un poêle italien, ou d’une poésie latine de l’époque. Le graveur sur pierres fines serait le célèbre Goldoré, valet de chambre de Henri IV. Dans l’ouvrage de Mariette on trouve de lui une gravure sur jaspe de Marie de Médicis.
V. 1. « Pyrgotèle , » graveur célèbre qui vivait au temps d’Alexandre, et qui partagea avec Apellcs, le peintre, et Lysippe ou Polyclète, statuaires, le glorieux privilège de reproduire les trails du conquérant. Voy. Apulée, Flur. VU; Pline, Hist. nat. Vil, xxxvii et XXXVII, l; Valère Maxime, VIII, xi.
V. 8. « Démon , » génie, dieu inspirateur; c’est le âatptuv des Grecs. Tous les poètes français Tout employé dans ce sens. Hegnier, Sat. Il :
Je ne tais quel démon m’a tait devenir porte.
O r/e* t par erreur que plus haut, p. tua, voulant renvoyer le lecteur à l'élégie snr la vieillesse, nous avons dit : Voyri la Palinodie, même livre, Elég. XII; l’élégie sur la vieillesse est la XV* de ce livre, p. m.
ÉLÉGIES
Il m’a dit ta naissance, ô jeune Florentine!
C’est vous, nymphes d’Arno, qui des bras de Lucine Vîntes la recueillir; et vos riants berceaux L’endormirent au bruit de l’onde et des roseaux :
Et Phœbus, du Cancer hôte ardent et rapide, is
Ne pouvait point la voir, dans cette grotte humide,
Sous des piliers de nacre entourés de jasmin,
Reposer sur un lit de pervenche et de thym.
Abandonnant les fleurs, de sonores abeilles
Vinrent en bourdonnant sur ses lèvres vermeilles 20
S’asseoir et déposer ce miel doux et flatteur
Qui coule avec sa voix et pénètre le cœur.
Reine aux yeux éclatants, la belle Poésie Lui sourit et trempa sa bouche d’ambroisie,
Arma ses faibles mains des fertiles pinceaux 25
Qui font vivre la toile en magiques tableaux,
Et mit dans ses regards ce feu, cette âme pure Qui sait voir la beauté, fille de la nature.
Une lyre aux sept voix lui faisait écouter
V. 11. Le passage qui suit est remarquable : il retrace une fiction , une légende religieuse chère à tous les peuples. Les Nymphes, les Muses, les Grâces du paganisme, u'est-ce pas les Fées de la Germanie qui viennent déposer leurs dons dans le berceau du nouveau-né? C’est l’amour maternel imaginant toutes les délicatesses poétiques et associant les divinités aux destinées de l'enfant. Telle est, dans Pmdare, Ol. VI, la naissance de Jamus, fils d’Evadné et d’Apollon. Cf. Hésiode, Thêog. 81 ; Alcmane (ap. Hepbœst.); Ibycus (Athénée, XIII, II, p. 5G4, F). Telle est la naissance de Jupiter, dans Cailimaque, Hymne à Jup . 46; de Üacchus, dans Ovide, Met. III, 313 ; de l'Amour, dans le Pervigilium Veneris. — Ronsard, Sonnets pour Hélène , XXXVII : I jes crillrts et les li» et U rose vermeille Servirent de berceau ; la nature et le» dieu*
I j regardèrent naître en ce moi* gracieux ;
Puis Amour la nourrit de* douceur* d’une abeille.
Le* Mu*e», Apollon, et le* Grâce* e*toient Tout A l’entour du Uct, qui a i’envy Jettolent De* fleur* *ur l’angclettc
V. 29. C’est la lyre qu’Horace invoque, Od. III, XI, : * Tesludo, resonarc septem callida nervis. » Pindarc, AVm. V, 43, l’appelle 6 iTtTâYXuxrffo; yopptYS.
LIVRE I —MÉDITATIONS— VOYAGES 177 Les sons que Pausilippe est fier de répéter. 30
Et les douces Vertus et les Grâces décentes,
Les bras entrelacés, autour d’elle dansantes,
Veillaient sur son sommeil, et surent la cacher A Vénus, à l’Amour, qui brûlaient d’approcher ;
Et puis au lieu de lait, pour nourrir son enfance, 35
Mêlèrent la candeur, la gaîté, l’indulgence,
La bienveillance amie au sourire ingénu,
Et le talent modeste à lui seul inconnu ,
Et la sainte fierté que nul revers n’opprime,
l/a paix, la conscience ignorante du crime, 10
La simplicité chaste aux regards caressants,
Près de qui les pervers deviendraient innocents.
Artiste, pour l’honneur de ton durable ouvrage,
Graves-y tous ces dons brillants sur son visage.
Grave, si tu le peux, son âme et ses discours, 45
Sa voix, lien puissant d’où dépendent nos jours ,
Les jours de ses amis, troupe heureuse et fidèle,
Qui vivent tous pour elle, et qui mourraient pour elle.
De la seule beauté le flambeau passager
V. 30. N’est-ce pas le poète italien Mariui , qui habitait sur le Pausilippe , à qui André ferait ici allusion? Marini , on le sait, a souvent célébré Marie de Médiris. André feindrait que la Muse ait chanté à Marie au berceau les vers que plus tard devait lui faire entendre Marini.