‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 195 sur 424 · HH · texte numérisé non relu

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clavage... Conduis-moi vers elle, puisque c'esl elle que lu nie rappelles toujours... Allons, suivons les fureurs de l’âge; mais puisse-t-il passer vite !... Puisse venir la vieillesse !... I.a vieillesse est seule heureuse. (Contredire pied à pied l’élégie contre la vieillesse. ’•

Le vieillard se promène à la campagne, se livre à des goûts innocents, étudie sans que les vaines fureurs d’Apollon le fatiguent... Les soins de la propreté, une vie innocente, font fleurir la santé sursoit visage; s’il devient amoureux d’une jeune belle.

Il a le bien d’aimer sans en avoir les peines; 25

Il n’en exige rien, il ne veut que l’aimer.

Elle v consent, tout le monde le sait; elle le permet,

et n’en fait pas mystère,

Kt ne le reçoit point avec un œil sévère,

N’affecte point de rire en le voyant pleurer,

Ne met point son étude à le désespérer. »o

Non; il entre, elle accourt; une aimable indulgence Sourit dans ses beaux yeux au vieillard qui s’avance :

Il l’embrasse. Il n'a point ces suprêmes plaisirs Dont son âge paisible ignore les désirs...

Mais il est assis près d’elle, il la voit : elle livre ses bras à ses baisers ,

■Y ses débiles mains laisse presser ses flancs, 35

Kt le caresse, et joue avec ses cheveux blancs.

V. 26. Saint -Lambert, clans un poème long et froid, sur les charme .* Je la vieil • tesse :

I«a beauté peut donner une volupté pure Sans porter dans no» rieurs le trouble du désir.

Séneque, £/>. a J Luc. XII , a touché quelques mots d es avantages de la vieillesse, mais, il faut le dire, un peu en rhéteur.

ÉLÉGIES

Les petits garçons et les petites filles, qui jouent, sautent de joie en l'entendant venir. Il se mêle avec (i), il fait la paix, il est l’arbitre de leurs jeux. Quand il y a une belle partie à la promenade, à l’ombre on l’attend, on lui garde la meilleure place.

Au sein de ses amis il éteint son flambeau,

Et ceux qui l’ont connu pleurent sur son tombeau.

Partons, la voile est prête, et Byzance m’appelle.

Je suis vaincu; je suis au joug d’une cruelle.

Le temps, les longues mers peuvent seuls m’arracher Ses traits que malgré moi je vais toujours chercher; Son image partout à mes yeux répandue,

Et les lieux qu’elle habite, et ceux où je l’ai vue,

Son nom qui me poursuit, tout offre à tout moment Au feu qui me consume un funeste aliment.

Ma chère liberté, mon unique héritage,

(1) * Il se mêle avec. » Dan» l’cd. 1839, on a corrigé et mis : « Il se mêle avec eux. » LYxpression d’André n’est qu’une inattention, ou plutôt c’est le style abrégé d’une note manuscrite. Ce serait une faute. On trouve cependant le mot avecaue employé sans complément par nos vieux écrivains, à l’époque où la langue n’était pas encore fixée. — Villon , Grand Test . II :

Foy ne lui doy, ne hommugr arrrque.

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