V. 8. Voyez la Biographie
ÉLÉGIES
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\insi, vainqueur île Troie et des vents et des Ilots,
D’un navire emprunté pressant les matelots,
Le fds du vieux Laërte arrive en sa patrie,
Baise en pleurant le sol de son île chérie.
Il reconnaît le port couronné de rochers s
Où le vieillard des mers accueille les nochers,
Et que l’olive épaisse entoure de son ombre ;
11 retrouve la source et l’antre humide et sombre Où l’abeille murmure , où, pour charmer les yeux.
Teints de pourpre et d’azur, des tissus précieux 10
Se forment sous les mains des naïades sacrées ;
Et dans ses premiers vœux ces nymphes adorées
XVIII . — V. 4- l.es détails de cette belle comparaison sont imités d'Ilomcre , qui n'oublie pas, lui, l'aède toujours errant, la coutume touchaute d'embrasser, comme une tendre mère, la terre de la patrie. LorsquTlysse aborde à Ithaque, Odyssée , XIII, 352 :
F.faaxo jd>u>v •
yViOr.tyev t' ap’ execra uo).v7Xa; ôto; ’OSucoeù; , yaiptov rj yaLtr; * xûae 5è seiotopov apovpav.
Cf. Odyst, IV, 522; V, 463, etc.
V. -Il . Imité d’Homère, Odyss. XIII, 100, dans la description du port de Phorcys : . . . . *Kvxo<j0£v îè aveu Searjioto [uvovat
v-ije; £ua<y£).;xoi, Sxav oppou pexpov txwvxai.
Aùtàp eut xpaxô; Xtpevo; xavûpuXXo; èXatoj * dy^oOi 5’ aùr^;. âvxpov i7rrjpaxov, f.epoetSè;, ipôv vupçâwv, aï Nrjîâàe; xa).éovxat.
*Ev xpr, tripe'; te xal d[xçtçopr4e; iam
Xaîvot* evî) a Êrcetxa xi9aiêd>a<Tûu<yi péhuaa’..
*Hv ô’ laxol XtOeot TTeptjx^xee;, evOa xe Nupça; pape' Opatvouatv âÀmôppupa, ôaûux ioécOai.
Ce Phorcys, vieillard des mers, était, selon Hésiode, Théog. 237, le Fils de Pont et de la Terre. Quant à l’antre des Nymphes dont parle Homère , et que rappelle Chénier, il a été le sujet de beaucoup de controverses. Slrabon , Prol. I, ut, 18, ne le voit plus, mais veut croire Homère sur parole. Arlémidore d Kphese, V, en constate l’existence, et Porphyre écrit une longue dissertation. De antro Nympharum.
LIVRE I — MÉDITATIONS -VOYAGES 187 (Que ses yeux n’osaient plus espérer de revoir De vivre, de régner lui permettent l’espoir.
O des fleuves français brillante souveraine, 15
Salut! ma longue course à tes bords me ramène,
Moi que ta nymphe pure en son lit de roseaux Fit errer tant de fois au doux bruit de ses eaux ;
Moi qui la vis couler plus lente et plus facile,
Quand ma bouche animait la flûte de Sicile ; 20
Moi, quand l’amour trahi me fit verser des pleurs,
Qui l’entendis gémir et pleurer mes douleurs.
Tout mon cortège antique, aux chansons langoureuses, Revoie comme moi vers tes rives heureuses.
Promptes dans tous mes pas à me suivre en tous lieux, 25 Le rire sur la bouche et les pleurs dans les yeux,
Partout autour de moi mes jeunes Elégies Promenaient les éclats de leurs folles orgies;
Et, les cheveux épars, se tenant par la main,
De leur danse élégante égayaient mon chemin. :io
Il est bien doux d’avoir dans sa vie innocente Une Muse naïve et de haines exempte,
Dont l’honnête candeur ne garde aucun secret ;
V. I .S. André parlt* de la Seine comme Virgile de l'Êridau et du Tibre. Catulle , XXXI, revenant de Bithynie, s'écrie, ému à la vue de sa patrie :
Salve, o venusta Sirmio, atquc hero gaude ;
Gaudete, votque Lydie lacus undsr ;
R idc te quidquld est domi cacbinnurum.
V. 19-22. Ces quatre vers se retrouvent dans une Épitrt à l.e Brun, vers 61-04.
V. 20. « La flûte de Sicile, » c'est la flûte de Théocrite. Virgile, X, 61 :
Paslori* Slcoli modulabor avrna.
V. 30. Composition charmante qui pourrait vivre sur la toile. N’est*ce pas ainsi que dans Homère, Hym. à Apollon, 514 , s’avance le dieu de la poésie, sa cithare à la main, tandis qu 'autour de lui les Cretois dansent en chantant un Pæan joyeux ?
188 ÉLÉGIES
Où l’on puisse, au hasard, sans crainte, sans apprêt,
Sûr de ne point rougir en voyant la lumière, 35
Répandre, dévoiler son âme tout entière.
C’est ainsi, promené sur tout cet univers,
Que mon cœur vagabond laisse tomber des vers.
I)e ses pensers errants vive et rapide image,
Chaque chanson nouvelle a son nouveau langage, 40 Et des rêves nouveaux un nouveau sentiment :
Tous sont divers, et tous furent vrais un moment.
Mais que les premiers pas ont d’alarmes craintives ! Nymphe de Seine, on dit que Paris sur tes rives Fait asseoir vingt conseils de critiques nombreux, 45
Du Pinde partagé despotes soupçonneux.
Affaiblis de leurs yeux la vigilance amère;
Dis-leur que, sans s'armer d’un front dur et sévère,
Ils peuvent négliger les pas et les douceurs
D’une Muse timide et qui , parmi ses sœurs, 50
Rivale de personne et sans demander grâce,