‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 209 sur 424 · V. 13. Éd · texte numérisé non relu

V. 13. Éd

S'ils n'ont point de bonheur, en est-il sur 1a terre t

ÉLÉGIES

Si jamais dos amants il a connu les chaînes ?

Leurs plaisirs sont bien doux, et douces sont leurs peines , S’ils n’ont point ces trésors que l’on nomme des biens,

Ils ont les soins touchants, les secrets entretiens ,

Des regards, des soupirs la voix tendre et divine, 20

Et des mots caressants la mollesse enfantine.

Auprès d’eux tout est beau, tout pour eux s’attendrit.

Le ciel rit à la terre, et la terre fleurit.

Aréthuse serpente et plus pure et plus belle; line douleur plus tendre anime Philomèle. 25

Flore embaume les airs; ils n’ont que de beaux deux. Aux plus arides bords Tempé rit à leurs yeux.

A leurs yeux tout est pur comme leur âme est pure ;

Leur asile est plus beau que toute la nature.

la grotte, favorable à leurs embrassements, 30

D’âge en âge est un temple honoré des amants.

O rive du Pénée ! antres, vallons, prairies,

Lieux qu'Amour a peuplés d’antiques rêveries;

Vous, bosquets d’Anio; vous, ombrages fleuris,

Dont l’épaisseur fut chère aux nymphes du Liris î 36 Toi surtout, ô Vaucluse ! ô retraite charmante!

Oh! que j’aille y languir aux bras de mon amante;

De baisers, de rameaux, de guirlandes lié,

V. 27. Ainsi qu’ Aréthuse au v. 24, André emploie ici Tempe métaphoriquement, comme Virgile, Gèorg. II, 409. Stace, T hé b. X, 119, a dit, et c’est peut-être à lui que nous devons le vers d’André :

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