‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 211 sur 424 · V. 39. [Horace, Épit. I, xi · texte numérisé non relu

V. 39. [Horace, Épit. I, xi

Ta mm iUlc »iwre vrlletn.

Oblltusqur meorum, obliviscrndus et illis.

< U* lie an ut li esc a été souvent employée après Horace. Saint-Lambert a ce vers facile dans une élégie :

Oublié désormais d*un monde que J oublie.

Héloïse, dans l 'epitre de Pope, v. 207 :

How happj ta the blamrlrss vratal's lut ,

The world forgettlng , by the world forgrt.

Kst-il croyable que Colardeau ait négligé ce trait? Le vers d’André Chénier en est la traduction littérale. Boissonadk.J V. 43. Publius Syrus :

Annosu* stultus non diu vixit. diu luit.

Sénèque, de Brrv. vit . VIII : « Non est itaque, quod quemquam propter canos aut rugas putes diu misse ; non ille diu vixit , sed diu fuit. » — La Fontaiue, Fab. XII, XX, parlant des Stoïciens, comme Aulu-Gelle :

lia font cesser de vivre avant que l’on soit mort.

ÉLÉGIES

Crie et demande au ciel de changer leur fortune.

Ils changent ; et bientôt, versant de nouveaux pleurs, Ils trouvent qu’ils n'ont fait que changer de malheurs.

Souvent le malheureux sourit parmi ses pleurs,

Et voit quelque plaisir naître au sein des douleurs.

Ainsi l'Allobroge recèle

Sur ses monts, de l’hiver la patrie éternelle,

Et les fleurs du printemps et les biens de l’été. 5

Sur d’arides sommets le voyageur porté S’étonne. Auprès des rocs d’âge en âge entassée En flots âpres et durs brille une mer glacée.

A peine sur le dos de ces sentiers luisants

Un bois armé de fer soutient ses pas glissants. 10

Il entend retentir la voix du précipice.

Il se tourne, et partout un amas se hérisse De sommets ou brûlés ou de glace épaissis,

Fils du vaste mont Blanc, sur leurs tètes assis,

Et qui s’élève autant au-dessus de leurs cimes 15

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