‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 223 sur 424 · V. 5f». Êd. 1826 et · texte numérisé non relu

V. 5f». Êd. 1826 et

Je suis U. C’est moi seul qui, d’un transport soudain.

ai (5

ÉLÉGIES

Souvent le malheureux songe à quitter la vie ;

L’espérance crédule à vivre le convie.

Le soldat sous la tente espère, avec la paix,

Le repos, les chansons, les danses, les banquets. Gémissant sur le soc, le laboureur d’avance 5

Voit ses guérets chargés d’une heureuse abondance.

Moi, l’espérance amie est bien loin de mon cœur.

Tout se couvre à mes yeux d’un voile de langueur ;

Des jours amers, des nuits plus amères encore.

Chaque instant est trempé du fiel qui me dévore; iü Et je trouve partout mon âme et mes douleurs,

Le nom de Lycoris, et la honte et les pleurs.

Ingrate Lycoris ! à feindre accoutumée,

Avez-vous pu trahir qui vous a tant aimée ?

Avez-vous pu trouver un passe-temps si doux 15

Page 1