‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 228 sur 424 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

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\ iens me verser la paix et l’oubli de mes maux. 55

Ensevelis au fond de tes dormantes eaux Le nom de Lycoris, ma douleur, mes outrages.

Un jour peut-être aussi, sous tes riants bocages,

Lycoris, quand ses yeux ne verront plus le jour, Reviendra tout en pleurs demander mon amour ; oo Me dire que le Stvx me la rend plus sincère,

Qu’à moi seul désormais elle aura soin de plaire;

Que cent fois, rappelant notre antique lien,

Elle a vu que son cœur avait besoin du mien.

Lycoris à mes yeux ne sera plus charmante: 65

Pourtant... O Lycoris! ô trop funeste amante !

Si tu l’avais voulu, Gallus, plein de sa foi,

Avec toi voulait vivre et mourir avec toi.

Mes citants sa vent tout peiudre;accours, viens lesentendre; Ma voix plaît, ô Camille, elle est flexible et tendre. Philomèle, les bois, les eaux, les pampres verts,

V. 56. Horace, Épodes, XIV • «« Pocula Lethæos. ... ducentia .sont nos. «

V. GO. La Fontaine, Fab. XII, XXVI , a imaginé la même fiction lorsque Alcitna- «Itn e rejoint Daphnis aux enfers :

Cependant de Daphnis l'ombre au Styx descendue Frémit et s'étonna , la voyant accourir.

Tout l'Érébe entendit cette belle homicide S'excuser au berger, qui ne daigna l’ouïr.

Pas plus qu'AJax Ulysse et Didon son perflde.

Y. G8. Le Brun, s’inspirant comme André de la X* églogne de Virgile, termine ainsi son élégie »ur l’Infidélité d'une amante :

J'eusse été trop heurrflt si 1rs destins Jaloux M'eussent permis de vivre ou d'expirer pour vous.

Pensée qui rappelle la chute célèbre d’une ode d'Horace (III, ix) :

Tecum viverc aiurnt . treum oltr.mt libens.

elégies

Les Muses, le printemps, habitent dans mes vers.

Le baiser dans mes vers étincelle et respire. s

I^a source au pied d’argent, qui m'arrête et soupire,

Y roule en murmurant son flot léger et pur.

Souvent avec les cieux ils se parent d’azur.

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