‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 238 sur 424 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

Dors en pensant à moi ; rêve-moi près de toi ;

Ne vois que moi sans cesse, et sois toute avec moi. 80 Au retour d’un festin, seule, ô dieux ! sur ta couche,

Si cet heureux papier s’approchait de ta bouche !

Enfermé dans la soie, oh! si ta belle main Daignait le retrouver, le presser sur ton sein !

Je le saurai; l’Amour volera me le dire. 85

Dans l’àme d’un poète un dieu même respire ;

Et ton cœur ne pourra me faire un si grand bien,

Sans qu’un transport subit avertisse le mien.

Fais-le naître, ù Camille. Alors toutes mes peines S’adoucissent; alors, dans mes paisibles veines, »o

Mon sang coule en flots purs et de lait et de miel ,

Et mon âme se croit habitante du ciel !

Cum milite isto prwrm , absens ut sic* :

Dira noc traque me a mm : me drsldrrn :

Mc somnics : me exspecte* : de me cogites :

Mc spere* : me te o bled es : mrrum tota ib :

Mena far sis pnstremo animas , quando ego sum f uns.

\a Fontaine n’a pas rendu la tendresse qu’il y a dans ce* vers de Térence *. — Dans une lettre, adressée à M. Sainte-Beuve, M. Alfred de Vigny avait déjà signalé cette imitation. — Ovide a dit dan* Y Art tf aimer , II, 347 :

Te iicmprr sidcat, tibi aetnper pur beat flores;

F.ihibcat iuIius noxqur diesque tuos.

V. 80. C'est à ce vers que s’arrête l’élégie daus leséd. 1819, 1826, 1833. - L’éd. 1833 donnait le reste comme Fragments de poésies diverses ; l’éd. 1839 le joignit à l’élégie. Le passage qui suit (v. 81 à 92) s’y adapte heureusement , et nous l’avons conservé; mais celui qui dans l’éd. 1839 termine l’élégie : Ainsi le jeune amant, etc., ne s’y rapporte en rien et ne lui appartient certainement pas. On le trouvera daus Y Art tf aimer.

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