‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 267 sur 424 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

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Elle est tendre; elle a peur de pleurer votre absence. Fidèle, peu d’amants attaquent sa constance ;

Et son égale humeur, sa facile gaîté,

L’habitude, à son front tiennent lieu de beauté. 40

Mais celle qui partout fait conquête nouvelle,

Celle qu’on ne voit point sans dire : « Qu elle est belle! » Insulte, en son triomphe, aux soupirs de l’amour. Souveraine au milieu d’une tremblante cour,

Dans son léger caprice inégale et soudaine, 45

Tendre et douce aujourd’hui, demain froide et hautaine,

Si quelqu’un se dérobe à ses enchantements,

Qu’est-ce enfin qu’un de moins dans un peuple d amants? On brigue scs regards, elle s’aime et s’admire,

Et ne connaît d’amour que celui qu elle inspire. 50

Allons, l’heure est venue, allons trouver Camille. Elle me suit partout. Je dormais, seul, tranquille;

Yuici quelques vers qui se rapportent à la même pensée, André n'etil pu dire mieux ni dans un plus grand style :

Aimer rn trop haut lieu une dame hautaine ,

Ce st aimer en soucy le travail et la peine;

G’eat nourrir son amour de respect et de soin.

Je sais saoal de servir le chapeau dans le poing ,

F.t fu y plus que la mort l'amour d'une grand’datne.

Toujours, comme un forçat. Il faut être à la rame,

Naviguer jour et nuit, et sans profit aucun.

Porter tout seul le fait de ce plaisir commun.

Y. 48. Kd. 1826 et 1839:

Qo'est-ce alors qu'un de moins dans un peuple d'auuiit* ?

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