‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 289 sur 424 · LIVRE 11 — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE 11 — CAMILLE

La génisse traînant sa mamelle féconde,

Prodiguant à ses fds ce trésor indulgent,

A pas lents agiter sa cloche au son d’argent, 50

Promener près des eaux sa tète nonchalante,

Ou de son large flanc presser l’herbe odorante.

Le soir, lorsque plus loin s’étend l’ombre des monts,

Ma conque, rappelant mes troupeaux vagabonds,

Ix-ur chanterait cet air si doux à ces campagnes, 55

Cet air que d’Appenzell répètent les montagnes.

Si septembre, cédant au long mois qui le suit,

Marquait de froids zéphyrs l’approche de la nuit,

Dans ses flancs colorés une luisante argile

Garderait sous mon toit un feu lent et tranquille, co

Ou, brûlant sur la cendre à la fuite du jour,

Un mélèze odorant attendrait mon retour.

Une rustique épouse et soigneuse et zélée,

Blanche (car sous l’ombrage, au sein de la vallée,

Ix*s fureurs du soleil n’osent les outrager), 65

V. 49. « Indulgent , • avec le sens latin, trésor qu’elle leur partage volontiers.

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