‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 296 sur 424 · LIVRE II — D\ R · texte numérisé non relu

LIVRE II — D\ R

Si j’écris, son nom seul est tombé de ma plume ;

Si je prends au hasard quelque docte volume,

Encor ce nom chéri, ce nom délicieux,

Partout, de ligne en ligne, étincelle à mes yeux.

Je lui parle toujours, toujours je 1.’ envisage ; 45

D’.r. ., toujours D’.r.., toujours sa belle image Erre dans mon cerveau, m’assiège, me poursuit, M’inquiète le jour, me tourmente la nuit.

Adieu donc, vains succès, studieuses chimères,

Et beaux-arts tant aimés, Muses jadis si chères; 30

Malgré moi mes pensers ont un objet plus doux,

Ils sont tous à D’.r.., je n’en ai plus pour vous.

Que ne puis-je à mon tour, ah! que ne puis-je croire Que loin d’elle toujours j’occupe sa mémoire!

Fénelon, dans son Télémaque, au livre IV, s’est servi de la même comparaison ; mais, en passant de la poésie de Virgile dans la prose de Fénelon, elle devient froide, longue, et elle serait un exemple qui servirait à prouver qu’il y a entre certaines pensées et la forme poétique un lien qu’on ne peut vainement briser.

V. 62. Voyez presque le même vers dans le Fragment qui suit l’idylle de Lydè .

Page 1