‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 297 sur 424 · FAN N Y · texte numérisé non relu

FAN N Y

Sim I,A MORT DUN ENFANT

L’innocente victime, au terrestre séjour,

N’a vu que le printemps qui lui donna le jour.

Bien n’est resté de lui qu’un nom, un vain nuage, lîn souvenir, un songe, une invisible image.

Adieu, fragile enfant échappé de nos bras; s

Adieu, dans la maison d’où l’on ne revient pas.

I. — V. 2. Pensée familière aux poètes. Ronsard, Am. Il, ÊUg.:

Du monde cite est partir au moi* de «on printnnp*.

V. 6. « Dans la maison, «• expression toute grecque; Homère, //. XXIII, 19 : XxTpt (iot, d> FlâTpoxXe, xai civ ’Ai'ôao gôuoutiv.

Malherbe, p. 39, emploie la même expression pour désigner le ciel :

Penses-tu que, plu* vieille, en la Maison et leste Elle eut eu plu* d'accueil f « D'où l’on ne revient pas. » Catulle, III :

Qui nunc it per lier tenrbrirosum llluc, unde nrgant redire quetuquam.

Catulle imitait Philétas de Cos, Anal. II, p. 524, lit :

’ATpotttèv eî; ’AtOsto

r.vuoa, ttîv oùk(i> tic évavttov v;).6ev ôSîttj;.

Cf. Euripide, Itère, fur. 29C, 429; Théocrite, Id. XII, 19, et Id. XVII, 120; Ana-

L1VKE III — FANNY

Nous ne te verrons plus, quand de moissons couverte La campagne d’été rend la ville déserte ;

Dans l’enclos paternel nous ne te verrons plus,

De tes pieds, de tes mains, de tes flancs demi-nus, 10 Presser l’herbe et les fleurs dont les nymphes de Seine Couronnent tous les ans les coteaux de Lucienne.

L’axe de l’humble char à tes jeux destiné,

Par de fidèles mains avec toi promené,

Ne sillonnera plus les prés et le rivage. 15

Tes regards, ton murmure, obscur et doux langage, N’inquiéteront plus nos soins officieux;

Nous ne recevrons plus avec des cris joyeux Les efforts impuissants de ta bouche vermeille A bégayer les sons offerts à ton oreille. 20

Adieu, dans la demeure où nous nous suivrons tous,

Où ta mère déjà tourne ses yeux jaloux.

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