‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 298 sur 424 · A FANNY · texte numérisé non relu

A FANNY

Non, de tous les amants les regards, les soupirs Ne sont point des pièges perfides.

rréon, LVI ; Antipater, Anal. II, p. 37, ex. Narine a dit dans Phldrt, II, ■ :

Mal» qu'il n’a pu sortir de ce triste «/jour.

Et repasser Ica bords qu’on passe sans retour.

La même pensée se rencontre chez les poètes juifs: Job, Vil, n, 9; Sagesse, 11, i, 5.

V. 20. C’est par un tableau semblable que Slace, Silv. II, i, 104 , nous dépeint, l’enfance du fils de Mélior et la joie de son père :

Tu ta mm et muta» tum murmure toc»

Vagltumqur rudent, fleturoque infant!» arnabas.

II. — V. I. Cette négation, jetée brusquement en avant de la phrase, donne au

ELEGIES

Non, à tromper des cœurs délicats et timides Tous ne mettent point leurs plaisirs.

Toujours la feinte mensongère à

Ne farde point de pleurs, vains enfants des désirs,

Une insidieuse prière.

Non, avec votre image, artifice et détour,

Fanny, n’habitent point une âme ;

Des yeux pleins de vos traits sont à vous. Nulle femme to Ne leur paraît digne d’amour.

Ali ! la pâle fleur de Clytie Ne voit au ciel qu’un astre ; et l’absence du jour Flétrit sa tète appesantie.

Des lèvres d’une belle un seul mot échappé i*

Blesse d’une trace profonde Le cœur d’un malheureux qui ne voit qu’elle au monde. Son cœur pleure en secret frappé,

Quand sa bouche feint de sourire.

Il fuit; et jusqu’au jour, de son trouble occupé, 20

Absente, il ose au moins lui dire :

style une poétique rapidité; c'est là celte allure franche et hardie qu'on admire souvent dans Malherbe. Nous avous déjà vu, livre II, une élégie commençant ainsi :

Non, Je ne l'aime plu* : un autre ta possède.

Racine a commencé plusieurs tragédies par oui :

Oui, Je Tiens dans non temple adorer l'Éternel.

Oui. puisque Je retrouve un ami si fidèle. Etc.

V. 12. Clytie (Ovide, Met. IV, 264) se mourant d'amour pour Apollou :

Nec se moût hurno : tantum spcctabat euntls Ora dci ; vultusque suos Oectebat ad ilium.

Parny, dans le poème des Fleurs :

Voyez ici la Jalouse Clytie

Durant la nuit se pencher triatement ,

Pui§ relever »a tète appesantie Pour regarder son infidèle amant.

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