‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 308 sur 424 · LIVRE III — FANNY · texte numérisé non relu

LIVRE III — FANNY

Qu’on s’alarme pour elle! Ah ! s’il était des cœurs, is Fanny, que ton éclat eût trouvés insensibles,

Ils ne resteraient point paisibles Près de ton front voilé de ces douces langueurs.

Oui, quoique meilleure et plus belle,

Toi-même cependant tu n’es qu’une mortelle ; 20

Je le vois. Mais, du ciel, toi, l’orgueil et l’amour,

Tes beaux ans sont sacrés. Ton âme et ton visage Sont des dieux la divine image;

Et le ciel s’applaudit de t’avoir mise au jour.

Le ciel t’a vue en tes prairies 2s

Oublier tes loisirs, tes lentes rêveries ;

Et tes dons et tes soins chercher les malheureux ;

Tes délicates mains à leurs lèvres amères Présenter des sucs salutaires,

Ou presser d’un lin pur leurs membres douloureux. 30

Souffrances que je leur envie!

Qu’ils eurent de bonheur de trembler pour leur vie, Puisqu’ils virent sur eux tes regrets caressants ,

Et leur toit rayonner de ta douce présence,

Et la bonté, la complaisance, 35

Attendrir tes discours, plus chers que tes présents!

Près de leur lit, dans leur chaumière,

Ils crurent voir descendre un ange de lumière,

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