‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 319 sur 424 · É PITRES · texte numérisé non relu

É PITRES

l>es bras d’une maîtresse enlevé chez les dieux,

Ivre de volupté, s’enivre encor de gloire,

Et qui, cher à Vénus et cher à la victoire,

Ceint des lauriers du Pinde et des fleurs de Paphos, Soupire l’élégie et chante les héros. 40

Mais qui sut à ce point, sous un astre propice,

Vaincre du ciel jaloux l’inflexible avarice ?

Qui put voir en naissant, par un accord nouveau,

Tous les dieux à la fois sourire à son berceau? l’n seul a pu franchir cette double carrière : 45

(Test lui qui va bientôt, loin des yeux du vulgaire, Inscrire sa mémoire aux fastes d’Hélicon,

Digne de la nature et digne de Buffon.

Fortunée Agrigente, et toi, reine orgueilleuse,

Rome, à tous les combats toujours victorieuse, so

Du poids de vos grands noms nous ne gémirons plus.

Par l’ombre d’Empédocle étions- nous donc vaincus? Lucrèce aurait pu seul, aux flambeaux d’Epicure,

V. 45. Depuis 1760, Le Bnin travaillait à son poème de la Nature, resté inachevé.

Page 1