‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 334 sur 424 · V. CC. Éd · texte numérisé non relu

V. CC. Éd

D’adorer les mruf Sœurs, et toujours, après boire.

A LE BKUN

— Oh! je m’eu lie à vous. — Hélas ! trop, je vous jure.

— Combien de chants de faits ? — Pas un, je vous assure.

— Comment? — Vous avez vu sous la main d’un fondeur

Ensemble se former, diverses en grandeur, R»

Trente cloches d’airain, rivales du tonnerre?

Il achève leur moule enseveli sous terre,

Puis, par un long canal en rameaux divisé,

Y fait couler les flots de l’airain embrasé ;

Si bien qu’au même instant, cloches, petite et grande, rô Sont prêtes, et chacune attend et ne demande Qu’à sonner quelque mort, et du haut d’une tour Réveiller la paroisse à la (jointe du jour.

Moi, je suis ce fondeur : de mes écrits en foule

.le prépare longtemps et la forme et le moule, tto

Puis sur tous à la fois je fais couler l’airain.

Rien n’est fait aujourd’hui, tout sera fait demain. »

Ami, Phœbus ainsi me verse ses largesses.

Souvent des vieux auteurs j’envahis les richesses.

V. 94. Non* ne pouvons résister au désir de mettre ici, en regard des vers d’André, les beaux vers de La Fontaine, È pitre à Mgr. l'évêque de Soissons :

Quelques Imitateurs, sot bétail. Je l'avoue.

Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue.

J'en use d'autre sorte; et me laissant guider,

Souvent à marcher seul J’ose me hasarder.

On me verra toujours pratiquer cet usage.

Mon imitation n'est point un esclavage :

Je ne prends que l'idée, et les tour* et le* lois Que nos maîtres suivoient eu» -mêmes autrefois.

Si d'ailleurs quclqu'endroit plein chez eux d'excellence Prut entrer dans mes vers sans nulle violence.

Je l*y transporte, et veux qu'U n’ait rien d’affecté,

Tâchant de rendre mien cet air d’antiquité.

Je vois avec douleur ce* routes méprisées:

Arts et guides, tout est dans les champs Élysées.

J’ai beau les évoquer, J’ai beau vanter leurs traits.

On me laisse tout seul admirer leurs attraits.

Térence est dans mes mains ; Je m'instruis dans Hurarc ;

Homère et son rival sont mrs dieux du Parnasse.

On le voit, le même génie anime La Fontaine et Chénier. Dans cette é|>ilre , tout ce

Page 1