‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 338 sur 424 · A DE FANGE · texte numérisé non relu

A DE FANGE

Ou comment dans sa route, avec force tracée,

Descartes n’a point su contenir sa pensée? to

Consumant ma jeunesse en un loisir plus vain,

Seul, animé du feu que nous nommons divin.

Qui pour moi chaque jour ne luit qu’avec l’aurore,

Je rêve assis au bord de cette onde sonore

Qu’au penchant d’Hélicon, pour arroser ses bois, 15

Le quadrupède ailé fit jaillir autrefois.

A nos festins d’hier un souvenir fidèle Reporte mes souhaits, me flatte, me rappelle

I es pensers, tes discours, et quelquefois les miens ,

L’amicale douceur de tes chers entretiens, 20

Ton honnête candeur, ta modeste science,

De ton cœur presque enfant la mûre expérience.

Poursuis : dans ce bel âge où, faibles nourrissons,

Nous répétons à peine un maître et ses leçons,

II est beau , dans les soins d'un solitaire asile 25

(Même dans tes amours, doux, aimable, tranquille) ,

De savoir loin des yeux, sans faste, sans fierté,

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