V. 20D. Vny. Jeu de Paume , v
POEMES
Applaudir à grands cris une beauté nouvelle,
Et les objets nouveaux que sa voix a tentés Partout, de bouche en bouche, après elle chantés.
Elle porte, à travers leurs nuages plus sombres, 215
Des rayons lumineux qui dissipent leurs ombres,
Et rit quand, dans son vide, un auteur oppressé Se plaint qu’on a tout dit et que tout est pensé.
Seule, et la lyre en main, et de fleurs couronnée, l)e doux ravissements partout accompagnée, 220
Aux lieux les plus déserts, ses pas, ses jeunes pas, Trouvent mille trésors qu’on ne soupçonnait pas.
Sur l’aride buisson que son regard se pose,
Le buisson à ses yeux rit et jette une rose.
Elle sait ne point voir, dans son juste dédain, 225
Les fleurs qui trop souvent, courant de main en main, Ont perdu tout l’éclat de leurs fraîcheurs vermeilles ;
Elle sait même encore, ô charmantes merveilles !
Sous ses doigts délicats réparer et cueillir
Celles qu’une autre main n’avait su (pie flétrir. 230
Elle seule connaît ces extases choisies,
D’un esprit tout de feu mobiles fantaisies,
Ces rêves d’un moment, belles illusions,
D’un monde imaginaire aimables visions,
Qui ne frappent jamais, trop subtile lumière, 235
Des terrestres esprits l’œil épais et vulgaire.
Seule, de mots heureux, faciles, transparents,
V. *214. « De bouche en bouche , >> f*er ora, dit Virgile dans les vers cités p. 335. V. 221. Krf. 1839 :
Aui Heu* le* plu» serret*, ■« pas, sc* Jeune» pas.