‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 352 sur 424 · V. 217. « Dans son vide, m dans le \ idede ses pensées · texte numérisé non relu

V. 217. « Dans son vide, m dans le \ idede ses pensées

V. 218. Par exemple ('.htvrilus, que cite M. Sainte* Iteuve, Étude \ur t'irgi/e. Voyez la Bruyère, des OEuvres de l’esprit , au début.

1,’iN ventiox

Elle sait revêtir ces fantômes errants :

Ainsi des hauts sapins de la Finlande humide,

De l’ambre, enfant du ciel, distille l’or fluide, 2-10

Et sa chute souvent rencontre dans les airs

Quelque insecte volant qu'il porte au fond des mers;

l)e la Baltique enfin les vagues orageuses

Boulent et vont jeter ces larmes précieuses

Où la fière Vistule, en de nobles coteaux, 245

Et le froid Niémen expirent dans ses eaux.

Là les arts vont cueillir cette merveille utile,

Tombe odorante où vit l’insecte volatile :

Dans cet or diaphane il est lui-même encor,

On dirait qu’il respire et va prendre l’essor. 250

Qui que tu sois enfin, ô toi, jeune poète,

Travaille, ose achever cette illustre conquête.

De preuves, de raisons, qu’est-il encor besoin ?

Travaille : un grand exemple est un puissant témoin. Montre ce qu’on peut faire, en le faisant toi-même. 255 Si pour toi la retraite est un bonheur suprême ;

Si chaque jour les vers de ces maîtres fameux Font bouillonner ton sang et dressent tes cheveux ;

Si tu sens chaque jour, animé de leur âme,

Ce besoin de créer, ces transports, cette flamme, 200 Travaille. A nos censeurs c’est à toi de montrer Tous ces trésors nouveaux qu’ils veulent ignorer.

Il faudra bien les voir, il faudra bien se taire

V. 239. Amin* donne ici de la formation de l'ambre une explication admise par quelques savants, mais repoussée par d'autres; l’éditeur de 1826 cite uue épigramme de Martial, VI, xv, où il est question dti même phénomène.

V. 241. Les antiques légendes prétendaient que l’ambre s’était formé des larmes versées par les sœurs de Phaétou (Ovide, Met. Il, 681), ou par les «purs de Méléagre. selon Sophocle.

338 POEMES

Quand ils verront enfin cette gloire étrangère

De rayons inconnus ceindre ton front brillant. 265

Aux antres de Paros le bloc étincelant

N’est aux vulgaires yeux qu'une pierre insensible ;

Mais le docte ciseau, dans son sein invisible,

Voit, suit, trouve la vie, et l’ànie, et tous ses traits.

Tout l’Olympe respire en ses détours secrets : 2*0

Là vivent de Vénus les beautés souveraines ;

Là des muscles nerveux, là de sanglantes veines Serpentent ; là des flancs invaincus aux travaux,

Pour soulager Atlas des célestes fardeaux.

Aux volontés du fer leur enveloppe énorme 275

Cède, s’amollit, tombe; et de ce bloc informe Jaillissent, éclatants, des dieux pour nos autels :

C’est Apollon lui-même, honneur des immortels;

C’est Alcide vainqueur des monstres de Némée ;

C’est du vieillard troyen la mort envenimée ; 280

C’est des Hébreux errants le chef, le défenseur :

Dieu tout entier habite en ce marbre penseur.

V. 26C. Voyez le Jtu de Paume, 1 fS . La pensée qu’il va développer a été exprimée par Ovide, Art d'aimer, 111, 223 :

Cum Ürrct, lapi* asper crat, nunr, nubile Mguuii},

Nuda Venus madida» ripriroil imbrc comas.

V. 200. Lu Fontaine, P*ychc, I, nous montre une arcade remplie Dr marbres à qui l'art a donné de la vie.

Pope, Essai sur la critique , 111, dans le tableau de la renaissance des arls sous Léon X : Then sculpture and ber sister arts revive ;

Stonrs leap’d to from, and rocks Iwgan (olive.

V. 273. Les flancs invaincus aux travaux sont ceux d’Hercule, Dans son Ixxique tic Corneille , M. Frédéric Godefroy remarque très-justement que le mot invaincu n'est pas, comme on l'avait dit à tort, de l'invention de Corneille. Parmi les exemples qu'il cite, il en est plusieurs ou invaincu est employé avec la préposition à. V. 278. L’Apollon du Belvédère. Au vers suivant, c'est l’Hercule Faruèse.

V. 280. Le groupe de Laocoon. — • « La mort envenimée, » causée par le poison. Y. 281. Le Moïse de Michel- Ange.

V. 282. « Tout entier. » Expression poétique qui donne à la pensée un degré

L’INVENTION

Ciel! n’entendez- vous pas de sa bouche profonde Eclater cette voix créatrice du monde?

Oh! qu’ainsi parmi nous des esprits inventeurs 285

De Virgile et d’Homère atteignent les hauteurs,

Sachent dans la mémoire avoir comme eux un temple,

Et sans suivre leurs pas imiter leur exemple,

Faire, en s’éloignant d’eux avec un soin jaloux,

Ce qu’eux-même ils feraient s’ils vivaient parmi nous! 290 Que la nature seule, en ses vastes miracles,

Soit leur fable et leurs dieux, et ses lois leurs oracles; Que leurs vers, de Téthys respectant le sommeil,

N’aillent plus dans ses flots rallumer le soleil ;

De la cour d’Apollon que l’erreur soit bannie, 295

Et qu’enfin Calliope, élève d’Uranie,

Montant sa lyre d’or sur un plus noble ton,

En langage des dieux fasse parler Newton !

Oh! si je puis, un jour!... Mais quel est ce murmure? Quelle nouvelle attaque et plus forte et plus dure? soo O langue des Français! est-il vrai que ton sort Est de ramper toujours, et que toi seule as tort ?

Ou si d’un faible esprit l’indolente paresse Veut rejeter sur toi sa honte et sa faiblesse ?

très-élevé de force el d’énergie ; c’est le totus des latins. Les exemples en sont nombreux ; quelques-uns sout célèbres. Voy. Horace, Od. I, xix; Virgile, Én. IV, 363 ; Stace, Achill. II, 183 ; Claudieti, Rapt. Proserp. I, 0, etc.; ('«oriieille, Horace, V, lll ; Ci/ina, I, lll (et Com/n. de Voltaire); Racine, Phèdre , I, ni; Iplùg. I, il ; Alex. V, lll, etc. — Gentil Bernard, Art d'aimer , Il :

Quand tout s’anime à *es douces haleines,

Vénus entière habite d.iu* no* teint*.

V. 290. Voy. Loiigin, de Subi. XII. Longin parle au point de vue de l'expression, et Chénier au poiut de tue de la conception.

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