‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 356 sur 424 · VA · texte numérisé non relu

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Avant que des cités la base fût constante.

V. 8. Sur le papyrus, voyez Pline, Hist. nat. XIII, Al et Ail.

IHIEMES

Une voix aux couleurs, des couleurs à la voix 15

Quand des premiers traités la fraternelle chaîne Commença d’approcher, d’unir la race humaine,

La terre, et de hauts monts, des fleuves, des forêts,

Des contrats attestés garants sûrs et muets,

Furent le livre auguste et les lettres sacrées 20

Qui faisaient lire aux yeux les promesses jurées.

Dans la suite peut-être ils voulurent sur soi L’un de l’autre emporter la parole et la foi : ils surent donc, broyant de liquides matières,

L’un sur l'autre imprimer leurs images grossières, 25 Ou celle du témoin, homme, plante ou rocher,

Qui vit jurer leur bouche et leurs mains se toucher.

De là, dans l’Orient ces colonnes savantes,

Rois, prêtres, animaux, peints en scènes vivantes,

De la religion ténébreux monuments, 30

Pour les sages futurs laborieux tourments,

Archives de l’F.tat, où les mains politiques Traçaient en longs tableaux les annales publiques.

De là, dans un amas d’emblèmes captieux,

Pour le peuple ignorant monstres religieux, 35

Des membres ennemis vont composer ensemble Un seul tout, étonné du nœud qui le rassemble :

Un corps de femme au front d’un aigle enfant des airs Joint l’écaille et les flancs d’un habitant des mers.

V. 22. « Sur soi, » sur leur corps. Il fait allusion au tatouage.

V. 28. II désigne les monuments hiéroglyphiques de l'Egypte , compris de récriture sacrée, connue des prêtres et ignorée de la foule.

Y. 39. Tel est le portrait que, dans des sers traduits par La Fontaine, Virgile trace de Scylla, Énêide , III, 420 :

Prima hominis taries, et pulchro pcctore tirgo

Cet art simple el grossier nous a suffi peut-être 40

Tant que tous nos discours n’ont su voir ni connaître Que les objets présents dans la nature épars,

Et que tout notre esprit était dans nos regards.

Mais on vit, quand vers l’homme on apprit à descendre, Quand il fallut fixer, nommer, écrire, entendre, 45

Du cœur, des passions les plus secrets détours,

Les espaces du temps ou plus longs ou plus courts,

Quel cercle étroit bornait cette antique écriture.

Elus on y mit de soins, plus incertaine, obscure,

Du sens confus et vague elle épaissit la nuit. 50

Quelque peuple à la fin, par le travail instruit,

Compte combien de mots l’héréditaire usage A transmis jusqu’à lui pour former un langage.

Pour chacun de ces mots un signe est inventé,

Et la main qui l’entend des lèvres répété 55

Se souvient d’en tracer cette image fidèle ;

Et sitôt qu’une idée inconnue et nouvelle Crossitd’un mot nouveau ces mots déjà nombreux,

Un nouveau signe accourt s’enrôler avec eux.

C’est alors, sur des pas si faciles à suivre, eo

Que l’esprit des humains est assuré de vivre ;

C’est alors que le fer à la pierre, aux métaux,

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