‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 357 sur 424 · Livre en dépôt sacré, pour les âges nouveaux · texte numérisé non relu

Livre en dépôt sacré, pour les âges nouveaux

Nos âmes et nos mœurs fidèlement gardées;

Et l’œil sait reconnaître une forme aux idées. 65

Dès lors des grands aïeux les travaux, les vertus Ne sont point pour leurs fils des exemples perdus.

Pub* tenus; pos tréma immani corpore pUtrii ; Delphinum raudas utero commivta luporiii».

350 POEMES

Le passé du présent est l’arbitre et le père,

Le conduit par la main, l’encourage, l’éclaire.

Les aïeux, les enfants, les arrière-neveux, 70

Tous sont du même temps, ils ont les mêmes vœux.

La patrie au milieu des embûches, des traîtres,

Remonte en sa mémoire, a recours aux ancêtres,

Cherche ce qu’ils feraient en un danger pareil.

Et des siècles vieillis assemble le conseil. 76

Chassez de vos autels, juges vains et frivoles,

Os héros conquérants, meurtrières idoles,

Tous ces grands noms, enfants des crimes, des malheurs.

De massacres fumants, teints de sang et de pleurs.

Venez tomber aux pieds de plus nobles images : 5

Voyez ces hommes saints, ces sublimes courages,

Héros dont les vertus, les travaux bienfaisants,

Ont éclairé la terre et mérité l’encens;

Qui, dépouillés d’eux-mème et vivant pour leurs frères, Les ont soumis au frein des règles salutaires, lo

Au joug de leur bonheur; les ont faits citoyens;

En leur donnant des lois leur ont donné des biens,

Des forces, des parents, la liberté, la vie;

111. — V. 2. « Meurtrières idoles. » Racine, Phèdre, Y, vil, a employé « meurtrière » ilan» la même acception poétique :

Je hais Jusque* aux soins dont m'honorent les dieux,

Et Je m'en vais pleurer leurs tireurs meurtrières.

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