‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 361 sur 424 · V. 65. L'oiseau divin, c’est la colombe de Mahomet · texte numérisé non relu

V. 65. L'oiseau divin, c’est la colombe de Mahomet

V. 70. [Horace, Odes , III, xi, donne à Hypermnestre sauvant son epoux l’épithète de splendide mendax. Cicéron, pro Milone , XXVII : « Miloni palam clamare atqne mentiri gloriose liceret. » Mais c’est de l’exclamation magnifique du Tasse dans l'épisode d'OIinde et de Sophronie, 11, XXII, qu’ici le poète s’est surtout souvenu : Magnanima racn/ogoa ! etc.

Roi*so*adr].

Cf. Euripide, Hacch. 3:i4.

POEMES

XU

NOTES SLR L’HERMÈS

( Extrait des Portraits littéraires de M. Sainte- Beüvr. — Documents sur André Chénier.)

Toutes les notes et tous les papiers d’André Chénier, relatifs à sou HermèSy sont marqués en marge d’un delta ; un chiffre, ou Tune des trois premières lettres de l’alphabet grec, indique celui des trois chants auquel se rapporte la note ou le fragment. Le poëme devait avoir trois chants, à ce qu’il semble : le premier, sur l'origine de la terre, la formation des animaux, de l'homme; le second, sur l’homme eu parlicu lier, le mécanisme de ses sens et de son intelligence, ses erreurs depuis l’état sauvage jusqu'à la naissance des sociétés, l’origine des religions; le troisième, sur la société politique, la constitution de la morale et l’invention des sciences. I.e tout devait se clore par un exposé du systèmedu monde selon la science la plus avancée.

Voici quelques notes qui se rapportent au projet du premier chant et le caractérisent :

1. — « Il faut magnifiquement représenter la terre sous IY111-

IImimks. — [L 'Hermès nous montre André Chénier aussi pleinement et aussi chaudement de son siècle, à sa maniéré, que pouvait l'ètre Haynal nu Diderot.

La doctrine du dix-huitième siècle était, au fond, le matérialisme, ou le panthéisme, ou encore le naturisme, comme on voudra l’appeler; elle a eu ses philosophes, et même ses poètes en prose, Boulanger, Buiïon ; elle devait provoquer son Lucrèce* ('.«•la est si vrai, et c’était tellement le mouvement et la pente d'alors de solliciter un tel poète, que, vers 1780 et dans les années qui suivent, nous t roux nus trois talents occupés du même sujet et visant chacun à la gloire difficile d'un poème sur la nature des choses. Le Brun tentait l’œuvre d'après Bulfon; Fontaues, dans sa première jeunesse, s’y essayait sérieusement, comme l’attestent deux fragments, dont l’un surtout (tome l,r de ses œuvres, page 881) est d'une réelle beauté. André Chénier s’y poussa plus avant qu’aucun , et, par la vigueur des idées comme par celle du pinceau , il était bien digne de produire un vrai poëme didactique dans le grand sens.

Mais la révolution vint; dix années, fin de l’époque, s’écroulèrent brusquement axec ce qu’elles promettaient, et abîmèrent les projets ou les hommes; les trois Hermès manquèrent; la poésie du dix-huitième siècle n’eut pas son Bulfon. Delille im* lit que rimer gentimeut les Trois Règnes. SaINTK-BeI’VK.J

L — C’est sous ce même emblème métaphorique que Lucrèce, au liste II , représente la terre.

HKltMÈS 335

blême métaphorique d’un grand animal qui vil, se meut, et est sujet à des changements, des révolutions, des fièvres, des dérangements dans la circulation de son sang.

II. — « Il faut finir le chant t*r par une magnifique desriiplion de toutes les espèces animales et végétales naissant; et, au printemps, la terre prœguans ; et, dans les chaleurs de l'été, toutes les especes animales et végétales se livrant aux feux de l'amour et transmettant à leur postérité les semences de vie confiées à leurs entrailles. •

t'o magnifique et fécond printemps, alors, dit-il,

Que la terre est nubile et brûle d'être mère,

devait être imité de celui de Virgile, au livre II des Grorgit/urs : /'mn Pn 1er nvinipolens , etc., etc., quand Jupiter

De sa puissante épouse emplit les vastes flancs.

Page 1