‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 374 sur 424 · CHANT IV · texte numérisé non relu

CHANT IV

Mais les vieillards ont parlé au peuple... « Peuple, un grand malheur est arrivé!... la fdle d’Heleias , l’épouse de Joaehim. Suzanne, est adultère (t). Nous l'avons vue!... La loi!... » Le peuple, toujours crédule, dupe de leur fausse vertu , d’ailleurs toujours prompt à haïr ce qu’il est forcé d’admirer , s’assemble en tumulte devant la maison (a'1... Les vieillards arrivent; les esclaves menacent ; mais les vieillards disent qu’ils apportent des paroles de paix. Ils entrent et demandent à lui parler seuls. Sans répondre, elle fait signe à son esclave de la laisser. Ils commencent par la vile menace ; « Ton supplice est prêt. Il dépend de toi... » Elle reste immobile, les yeux baissés, et sans rien dire... Le second reprend : « Tu seras la plus heureuse des femmes... »

Elle ne dit rien et reste immobile... Il s’emporte Nous nous

vengerons sur tout ce qui l’est cher (3). Joachim périra... » Elle tremble. •• Oui , Joachim périra , • s’écrient-ils tous deux ensemble. Alors elle lève la tête. Ses veux fixent le ciel ; elle se lève, et, muette, passe dans un autre appartement... Ils sortent... •< Ma sœur, je vais mourir... Dis à Joachim... O Joachim!... » Heleias

Arrive tout couvert de cendre et de lambeaux,...

Il embrasse sa tille. . . 11 vient d'apprendre... Mais il sait qu’elle ne saurait être coupable... « Je ne veux que me traîner jusqu’à la poricdetes persécuteurs ; je veux y mourir en les maudissant (4j...

(1) On peut dégager de la phrase un vers tout fait :

La fille d'Helcias, Suzanne eut adultère!

(2 On pourrait presque deviner le vers :

En tumulte n'auemble au wuil de la maiaon.

(3) Ici encore :

F.t nous nous vengerons sur tout ce qui t'est cher,

(4) One simple inversion donne ce vers :

C’r* t en le* mnurlivwnl que Je vrm y mourir

POEMES

« Que ma dernière voix leui soit amère encore ; Qu’ils entendent ma mort ; que la prochaine aurore Présente mon cadavre à leurs yeux effrayés,

Et qu'ils ne sortent point sans me fouler aux pieds. . »

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