‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 381 sur 424 · V. 8. Ce vers rappelle celui de Racine, Phèdre , I, i · texte numérisé non relu

V. 8. Ce vers rappelle celui de Racine, Phèdre , I, i

Ariane aux rochers contant *cs Injustices.

POEMES

Courir et t’arrêter, et lui-même à genoux Accuser en pleurant son injuste courroux.

Mais souvent malgré toi, sans fiel ni sans injure,

Ta bouche d’un trait vif aiguise sa piqûre ; 10

Le trait vole, tu veux le rappeler en vain :

Ton amant consterné dévore son chagrin.

Ou bien d’un dur refus l’inflexible constance De ses feux tout un jour a trompé l’espérance ;

Il boude : un peu d’aigreur, un mot même douteux 15 Peut tourner la querelle en débat sérieux.

Oh! trop heureuse alors si, pour fuir cet orage,

Les Grâces t’ont donné leur divin badinage,

Cet air humble et soumis de n’oser s’approcher,

D’avoir peur de ses yeux et de t’aller cacher, 20

Et de mille autres jeux l’inévitable adresse,

De mille mots plaisants l’aimable gentillesse,

Enfin tous ces détours dont le charme ingénu Force un rire amoureux vainement retenu.

11 t’embrasse, il te tient, plus que jamais il t’aime ; as C'est ton tour maintenant de le bouder lui-même.

Loin de s’en effrayer, il rit, et mes secrets L’ont instruit des moyens de ramener la paix.

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